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C’est sans surprise que les Maliens ont appris, vendredi 4 avril à travers le journal télévisé de 20h15 de l’ORTM, que la ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, venue en octobre 2007 de Washington, a été limogée par le président de la République. Celui-ci l’a remplacée par l’un de ses conseillers économiques avec résidence à Niamey, sans incidence financière pour le budget national. Il s’agit de Amadou Abdoulaye Diallo, bien connu dans les milieux proches de ATT et dans le secteur bancaire malien. Il a désormais la lourde responsabilité de gérer la problématique de la vie chère au Mali, avant de trouver les voies et moyens permettant la relance de l’économie et le renforcement du tissu industriel.

Depuis 2002, cet ingénieur économiste était dans le staff de campagne du candidat, Amadou Toumani Touré. Beaucoup de responsables du Mouvement Citoyen pensaient qu’il allait faire sa rentrée dans le premier gouvernement de Mohamed Ahmed Ag Hamani. Au finish, il était absent dans l’attelage gouvernemental.

C’est ainsi que moins de deux mois après l’investiture du président ATT, le 8 juin 2002, Ahmadou Abdoulaye Diallo est nommé conseiller économique du président de la République du Mali, cumulativement au poste d’Analyste de projets principal du Fonds de Solidarité Africain (FSA) dont le siège se trouve à Niamey.

Directeur des études et projets du même service (janvier 2005 – mars 2008), directeur des opérations du même Fonds de Solidarité Africain depuis le 17 mars 2008 jusqu’au jour de sa nomination comme membre du gouvernement de Modibo Sidibé, Ahmadou Abdoulaye Diallo est un homme de dossier, un spécialiste des montages de projets, un consultant de haut niveau.

Il s’agit donc pour lui de passer de la théorie à la pratique. Toute chose que son prédécesseur n’a pas pu faire. A l’actif du tout nouveau ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, figurent en bonne place l’étude de faisabilité d’une fabrique de jus et nectars de fruits à Bamako (SOJUMA, société privée) et celle d’une mutuelle d’épargne et de crédit de l’Association malienne des handicapés physiques.

Réputé intelligent et brillant, Ahmadou Abdoulaye Diallo est crédité des compétences suivantes : évaluation des projets, analyse financière d’entreprises, diagnostic d’entreprises, politiques et stratégies de développement des filières agro-pastorales…

Fort de ces atouts, il a réalisé des consultations multiples pour des organismes internationaux notamment la Banque Mondiale, la BAD, l’ACDI, l’USAID, la FAO, le PNUD etc.

Avant d’accéder à cette stature internationale, le désormais ministre Diallo, qui fait partie du premier contingent du Service National des Jeunes (SNJ) en 1985, avait démarré sa carrière à l’Office Malien du Bétail et de la Viande (OMBEVI) en qualité de chef de Section évaluation – contrôle et chef de la Cellule de Planification du ministère des Ressources Naturelles et de l’Elevage.

Il y restera jusqu’en 1989, date à laquelle il sera muté à la direction de la Dette Publique de la Caisse Autonome d’Amortissement. Il y était le chef de la Section des bailleurs de fonds arabo-islamiques (BID, BADEA, Fonds Saoudien, Fonds Koweitien, Fonds du Qatar) et du Fonds de l’OPEP.

Sa tâche consistait à identifier de nouveaux projets à introduire dans le portefeuille, à participer aux missions de pré-évaluation et d’évaluation des bailleurs de fonds, à tenir les statistiques et à payer le service de la dette.

En 1994, le voici pour une nouvelle promotion : conseiller technique du Directeur général de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) du Mali. Durant trois ans, il avait en charge la surveillance de la capacité d’endettement de l’Etat : dette directe, dette rétrocédée, dette garantie.

De même, il était chargé des répercussions des engagements extérieurs de l’Etat sur l’économie nationale ainsi que la gestion de la dette extérieure de l’Etat. Aussi, participait-il aux négociations de financement ayant pour finalité l’obtention d’un prêt pour l’Etat.

Né à Bazi, dans le cercle d’Ansongo, le 16 mars 1959, Ahmadou Abdoulaye Diallo est passé par le lycée franco-arabe de Tombouctou (BAC 1979) avant de poursuivre ses études supérieures à l’IPR de Katibougou où il décrocha, en 1984, son diplôme d’ingénieur polytechnicien.

Très ambitieux, le tout nouveau ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce décide d’aller à Paris afin d’améliorer ses connaissances. Il y obtint en 1988 un DESS en Economie, Finances et Banques au Centre d’Etudes Financières Economiques et Bancaires (CEFEB). Six ans après, il retourna sur les bancs, cette fois – ci à Dakar, où il empochera un DESS en Finances, Monnaie et Crédit, au Centre Ouest Africain de Formation et d’Etudes Bancaires (COFEB), une école de la BCEAO.

Marié et père de quatre enfants, Ahmadou Abdoulaye Diallo est attendu par les Maliens non pas pour les grands développements théoriques mais pour atténuer en priorité la vie chère. Les mesures prises par le gouvernement à cet effet tardent à produire des résultats.

Il lui reviendra donc de mettre en route toutes mesures ou opérations permettant aux Maliennes et Maliens d’avoir accès à tous les produits de première nécessité et à un prix acceptable. Avant de s’attaquer aux fondamentaux de l’économie pour créer la richesse, faire reculer la pauvreté et créer des emplois.

Chahana TAKIOU

07 avril 2008.