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Un couple a été exécuté par lapidation à Aguel hoc, ce dimanche 29 juillet par Aqmi. Accusé d’avoir des enfants hors mariage, le couple a été amené sur la place publique et lapidé par des islamistes, jusqu’à ce que mort s’en suive, devant les habitants forcés à assister à la scène. Il s’agit du premier cas à ce jour connu dans cette région depuis son occupation totale par les groupes armés islamistes il y quatre mois, selon le témoignage de deux élus de la région qui ont parlé à « leparisien.fr », sous anonymat. «J’étais présent sur les lieux.

Les islamistes ont amené au centre d’Aguelhok le couple non marié», l’homme et la femme ont été «mis dans deux trous et les islamistes les ont lapidés jusqu’à ce que mort s’en suive», selon les deux élus. Le premier élu a affirmé que «dès les premiers coups, la femme s’est évanouie», alors que l’homme «a crié une fois» avant de se taire.

La scène s’est déroulée devant une foule d’environ 200 personnes, selon lui. Le second élu a précisé que «l’homme et la femme ont deux enfants, dont le dernier a six mois» et qu’ils vivaient en dehors d’Aguelhok «dans la brousse». «Ils ont été ramenés en ville par les islamistes qui leur ont jeté des pierres jusqu’à la mort», a-t-il dit, ajoutant: «des gens sont sortis pour voir ça, il y a eu des témoins», rapporte le parisien.fr.

Le nord Mali, occupé au 2/3 continue d’être le théâtre de scènes odieuses perpétrées par ses occupants, à savoir Aqmi et ses alliés. Si depuis janvier 2012, avec l’occupation des régions du nord, on a pu parler de l’administration des 100 coups de fouet à des personnes accusées de relations extraconjugales, le dernier des actes odieux commis par Aqmi est l’exécution d’un couple par lapidation ce dimanche 29 juillet.

Aguel Hoc situé dans le cercle de Tessalit et la région de Kidal, au nord-est du pays, a été l’une des premières villes tombées sous les bombardements des rebelles et le théâtre des exécutions sommaires des militaires maliens par les rebelles du MNLA et d’Ansar Dine. Aguel-Hoc est occupée depuis le 24 janvier 2012, date à laquelle AQMI et Ansar Dine ont assassiné, dans d’effroyables conditions, une centaine de soldats maliens qui s’étaient rendus après l’épuisement de leurs munitions.

Aujourd’hui, la ville sous domination des islamistes est tout simplement un champ d’application de la Charia. Le crime de cet homme et de cette femme tués par lapidation est d’avoir eu des enfants nés hors mariage, dont le dernier aurait six mois. Les habitants qui ont été obligés de sortir pour assister à la scène auraient, selon nos sources, refusé de participer à l’exécution du couple.

Les unités d’AQMI et d’Ansar Dine dans le secteur d’Aguel-Hoc sont sous l’autorité d’un ancien commandant de l’armée proche d’Iyad Ag Ghaly, Ibrahim Dina, selon l’Afp. De son vrai nom, Ibrahim Ag Inawelan, cet officier avait déserté le 23 mai 2006 alors qu’il était le numéro 2 de la région militaire de Tessalit. Réintégré dans les unités spéciales, après l’accord d’Alger (juillet 2006), Ibrahim Dina a rejoint les rangs d’Ansar Dine après le déclenchement de la rébellion touarègue en janvier 2012.

La ville d’Aguelhok est contrôlée par le groupe armé islamiste Ansar Dine (défenseurs de l’islam), allié d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dont plusieurs membres se trouvent aussi dans la région. Les trois grandes villes et régions administratives du nord du Mali – Tombouctou, Kidal et Gao – qui représentent plus de la moitié du territoire de cet immense pays du Sahel sont occupées par les islamistes armés depuis fin mars. Ils en ont évincé totalement la rébellion touareg du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) qui avait lancé l’offensive avec eux en janvier. Leur objectif est d’imposer la charia (loi islamique) à tout le pays.

B. Daou

31 Juillet 2012