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Le Groupe Tomota, repreneur de l’Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma), se lance dans l’agro-industrie. Il a investi à l’Office du Niger pour le développement des cultures oléagineuses.

Magnat de l’imprimerie et de la papeterie, Alou Tomota, promoteur du groupe du même nom, se tourne désormais vers l’agro-industrie. Le rachat, il y a trois ans, d’Huicoma lui a donné des idées pour développer industriellement la culture des oléagineux (tournesol, soja, arachide et même de la pourghère pour le biocarburant) dans la zone Office du Niger.

Le Groupe Totoma a acquis à Boukawèrè, un bras de la zone Office du Niger, une centaine d’hectares à emblaver. Les travaux d’aménagement, dont le desouchement, ont déjà commencé. Du matériel agricole : tracteurs, motoculteurs, pompes d’irrigation ont été commandés pour les besoins de la cause.

Un cabinet privé de placement de la place vient de procéder au recrutement d’ingénieurs agronomes, de techniciens et d’agents d’appui qui vont bientôt regagner Boukawèrè. Sur place, la population locale est aux anges, espérant que l’implantation de la nouvelle agro-industrie dans leur village sera pour elle un débouché. Les jeunes du village sont utilisés présentement dans les travaux d’aménagement. Le Groupe Tomota, qui est le deuxième gros employeur après l’Etat, prévoit environ 200 emplois permanents et temporaires à Boukawèrè.

Huicoma a pour matière première la graine de coton produite par la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT). L’arrêt de mort de cette dernière a été signé le 1er août, par le vote par l’Assemblée nationale de sa loi de privatisation. Personne ne sait avec certitude ce que la filialisation programmée de la CMDT va donner si l’on sait que les cotonculteurs, mécontents de la privatisation, en ont gros sur le cœur.

Bien avant le lancement du processus de privatisation du géant du coton malien, l’Huicoma avait des difficultés à s’approvisionner en graine de coton. Les deux parties s’accusaient mutuellement de vendre indûment des graines de coton à l’extérieur. La suite est connue. L’affaire s’était retrouvée devant la justice qui avait condamné la CMDT de n’avoir pas honoré ses engagements à fournir régulièrement de la matière première à l’Huicoma.

Le développement de la culture des oléagineux, sur ses propres installations dans la zone Office du Niger, n’a d’autre but, pour le Groupe Tomota, que d’entamer une nouvelle expérience de l’agro-industrie au Mali en vue de se procurer sa propre matière première.

Abdrahamane Dicko

11 Aout 2008