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Le blé, traditionnellement cultivé au Mali depuis un siècle dans les régions du Nord (Diré), fait son entrée progressive dans le reste du pays. Après la zone Office du Niger, en 2005, une expérimentation à Koulikoro courant décembre 2006, sous l’égide des Grands moulins du Mali (GMM), appuyés par la Coopération allemande, en est présentement à sa phase récolte.

Dans l’enceinte des GMM, à Koulikoro, une préparation du sol a été réalisée pour la culture du blé où il n’avait jamais poussé auparavant. Le semis a été fait avec un mois de retard sur le calendrier cultural. Les résultats ont été jugés concluants grâce à la performance de la variété « Guadaloupe » semée.

Cette expérience novatrice est à l’origine de la visite de terrain effectuée le samedi 5 mai 2007 par la représentante de la FAO et celle du Pam aux GMM. La mission comprenait le secrétaire général de l’Apcam, les représentants de l’USAID, du ministère de l’Agriculture et de la direction nationale de la coopération internationale. La délégation s’est dite émerveillée de voir un projet aussi capable de lutter contre la faim et la pauvreté que la culture de blé.

Le blé constitue la matière première des GMM qui en importent 100 000 tonnes par an d’Europe à cause de l’insuffisance de la production locale de la Coopérative Baabajigui de Diré. C’est ainsi qu’est née en 2005, l’idée de faire germer en abondance cette céréale avec l’avantage d’être plus proche de son lieu de transformation à Koulikoro. La collaboration de l’IER a permis un essai semencier en zone Office du Niger à Kogoni sur 72 ha avec 23 producteurs sur les sites d’encadrement de l’IER.

Culture de rente et de contre-saison

Cet essai, qui n’a pas été concluant, a donné lieu à une autre expérience que les GMM ont financée sur fonds propres toujours à l’Office du Niger à Macina. Une nouvelle semence « Guadaloupe » connue pour ses rendements avec des prévisions de 6 tonnes à l’hectare au lieu de 2 tonnes, a été importée par les GMM.

Pour vulgariser la culture du blé au Mali, les GMM disposent de 500 hectares à l’Office du Niger, une étude complète a été réalisée sur un business plan de 10 ans, un contrat plan est en discussion avec l’Etat, la recherche est en cours avec l’appui de l’IER et de l’USAID.

En perspective, il est prévu de produire du blé sur place sur plus de 40 000 hectares d’ici 5 ans, former des milliers de producteurs agricoles, substituer la production locale au blé importé, ravitailler l’espace Uémoa en blé, créer une culture de rente permanente pour nos paysans qui leur apportera environ 800 000 F CFA de bénéfice brut par hectare.

Les avantages de la culture de blé sont nombreux. Culture de rente et de contre-saison, il peut représenter un deuxième revenu pour le paysan dont la production entière sera achetée par la Compagnie malienne de développement de blé (CMDB), filiale des GMM.

Abdrahamane Dicko

07 mai 2007.