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Par leur procession, ils voulaient dénoncer et condamner l’agression dont a été victime Hamidou Diarra dit Dragon, animateur à Radio Klédu et la tentative manifeste de museler la presse.

C’est sous une pluie diluvienne que les associations professionnelles des médias du Mali et l’UJAO (Union des journalistes de l’Afrique de l’Ouest) ont marché de la Maison de la presse au département en charge de la Communication en passant par les bureaux du Premier ministre.

La marche de protestation, qui s’est déroulée sans incident, avait pour objectif de montrer aux plus hautes autorités les abus et les déviances dont notre jeune démocratie fait l’objet à travers l’enlèvement, la torture et la séquestration d’Hamidou Diarra dit Dragon.

Dans une déclaration lue et remise au ministre Gaoussou Drabo, les journalistes ont qualifié l’acte, qui fait suite aux violences exercées sur Sory Haïdara « Le Challenger », le 26 avril dernier et Oumar Sidibé du « Zénith-Balé », le 1er juin 2005, d’odieux.

Ces agressions, selon la déclaration, constituent des atteintes graves et un recul notable de l’exercice de la liberté de la presse au Mali, pays pourtant cité en exemple en Afrique.

Prémices d’une dictature ?

Tout le long de l’itinéraire, les journalistes scandaient des slogans fustigeant l’attitude du pouvoir ; « Abas la dictature ! », « Abas les assassins ! », « Abas l’oppression, vive la liberté de la presse… ».

Reçus par le ministre Drabo, les marcheurs ont exprimé leurs inquiétudes face à cette nouvelle méthode de musellement de la presse et exigé que les auteurs de cet acte barbare soient rapidement arrêtés et traduits en justice, conformément à la loi en vigueur.

Le ministre de la Communication a salué la presse pour sa détermination et a, au nom du gouvernement, promis que la lumière sera faite sur cette affaire.

« Je pense que depuis l’agression, le gouvernement a fait une déclaration en condamnant l’acte qu’il a qualifié d’ignoble. Votre combat est légitime et je pense que les enquêtes en cours ne tarderont pas à situer les responsabilités », a-t-il dit avant de remercier toute la presse.

Plusieurs acteurs du mouvement démocratique ont pris part à la marche.
Parmi eux, Me Amidou Diabaté, Oumar Mariko et l’inusable Djiguiba Kéita dit PPR…

Idrissa Sako

13 juillet 2005