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Le Président de la République par intérim, le Pr Dioncounda Traoré, a fait l’objet d’une agression physique à son bureau de Koulouba ce lundi. Un grave précédent qui a suscité colère, indignation et condamnation, partout dans le pays comme à l’étranger et dont le FDR, le front anti putsch, et le Parena se font l’écho dans nos colonnes. (Lire ci-dessous). Les deux entités politiques, en des termes sans équivoques, interpellent les responsables en charge de la sécurité de la première institution de la République. La dite agression fait suite à l’accord signé la veille entre les émissaires de la CEDEAO, le président par intérim et le capitaine Amadou Haya Sanogo, président du CNRDRE. Celui-ci fixait la durée de la transition à un an et surtout reconduit Dioncounda Traoré à la tête du pays à la suite d’un intérim de 40 jours arrivés à expiration. Depuis quelques jours déjà, selon les deux communiqués, des messages de haine et d’intimidation émanant des pro junte – qui estimaient que la CEDEAO a décidé à la place du peuple malien – circulaient sur des radios privées et demandaient la tenue d’une convention nationale et au président intérimaire de « dégager ».

Le scandale de l’atteinte à l’intégrité physique du président de la République pose le problème de la sécurisation des institutions de la transition tel qu’évoqué par la Cedeao qui avait décidé de déployer une force pour ce faire. Le gouvernement et le CNRDRE y avaient opposé un refus catégorique pour des motifs faisant état d’atteinte à la souveraineté nationale. Où sont donc passées les forces de sécurité qui avaient pour tâche de veiller sur le président ? Il est inadmissible, disent les deux communiqués, que la République soit touchée dans ses fondements par des actes d’une telle gravité et qui devront conduire à l’ouverture d’une enquête et la poursuite des auteurs ainsi que leurs complices.

Les agresseurs de Dioncounda ont porté atteinte non pas à un homme mais à une institution, à un pays, à une Nation. Pour cette raison des interpellations fortes doivent être faites sur la chaine de responsabilité quant à la sécurité du président de la République.

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* Front pour la Sauvegarde de la Démocratie et de la République – FDR

COMMUNIQUE

Le Front Uni pour la Sauvegarde de la Démocratie et de la République (FDR) condamne avec la dernière énergie l’agression inqualifiable perpétrée ce jour contre le président de la République dans ses bureaux.

Cette agression inqualifiable est l’aboutissement de la campagne de haine et d’apologie du crime entretenue depuis plusieurs semaines sur un certain nombre des radios FM privées et par des acteurs de la scène politique et de la société civile.

Le FDR s’étonne que des mesures de sécurité appropriées n’aient pas été prises pour protéger le palais présidentiel et le président de la République devant l’avancée des manifestants hostiles. Cet acte grave et inqualifiable interpelle ceux qui ont la responsabilité de la sécurité publique et de la protection des personnalités.

Le FDR invite le Gouvernement à prendre des mesures diligentes pour faire toute la lumière sur l’agression contre le président de la République, identifier les auteurs et les traduire en justice.

Les défaillances dans la chaine des responsabilités devraient être également identifiées et sanctionnées avec rigueur.

Le FDR met en garde tous ceux qui veulent rendre ce pays ingouvernable.

Bamako, le 21 mai 2012

Le FDR

Le Republicain du 22 Mai 2012