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Le Syndicat National de l’enseignement supérieur (SNESUP), vient de déclencher une nouvelle offensive suite à l’agression dont a été victime le Pr. Djibonding Dembélé de la part d’un groupe d’étudiants de la FSJP,en décrétant un préavis de grève d’avertissement de deux semaines qui prend effet ce matin.

Deux semaines, sans cours dans toutes les facultés et les grandes écoles jusqu’à ce que les auteurs de l’agression du Pr. Djibonding Dembélé soient retrouvés et punis conformement à la loi.

C’est du moins, la décision prise par le Syndicat National de l’enseignement Supérieur (SENSUP) lors de son assemblée générale extraordinaire tenue hier, dans l’amphithéâtre de l’ENI. Pour la circonstance la salle était pleine comme un œuf.

Cette assemblée générale extraordinaire, convoquée par le SNESUP, avait pour but de prendre des mesures concrètes suite à l’agression du Pr. Djibonding Dembélé, le n°2 du bureau de coordination du SNESUP survenue le jeudi 14 mai dernier, aux environs de 19 heures, dans la cour de la FSJP.

Selon le Secrétaire Général du syndicat, Dr Abdoulaye Mallé, «  l’heure est grave et très grave nous devons rester unis et solidaires face à cette situation « .

Au cours cette assemblée générale, les syndicalistes ont accusé le ministre d’être à la source de «la prise en otage du système éducatif par sa gestion criminelle et criminogène de l’école malienne». Pour eux , le ministre s’est installé dans la violence avec les enseignants du supérieur. «  Il est venu nous trouver en train de redresser une structure. Qu’il nous laisse faire.

Il a menacé le doyen de la FSJP de faire des repêchages jusqu’à 6 de moyenne, sinon il ne répond pas à la sécurité des enseignants » a martelé le Secrétaire général. « Nous avons déjà émis notre désaveu sur le ministre Amadou Touré auprès du Premier ministre. Nous coupons toute collaboration avec cet homme qui est dangereux pour l’école malienne  » a-t-il souligné.

Après trois heures d’horloge de débat, les enseignants du supérieur se sont dits qu’ils ne sont plus en sécurité sur leurs lieux travail et, vu l’état actuel des choses, ils ont pris solennellement la décision de partir en grève pendant deux semaines.

 » Si d’ici là le gouvernement ne fait rien, nous allons poursuivre la grève jusqu’à ce que les coupables soient arrêtés, jugés et renvoyés de l’école » a soutenu Dr Mallé. Avant de fustiger le ministre d’être à la source de la prise en otage du système éducatif par sa gestion faite de l’enseignement supérieur et de l’école malienne en particulier, qui est à la base de l’agression de Djibonding Dembélé.

Auparavant Dr Mallé avait fait un bref aperçu de l’état des lieux de la situation qui prévaut au sein de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP). A ses dires, si les autorités avaient respecté le protocole d’accord signé le 27 février 2008, qui engageait le gouvernement à sécuriser l’espace universitaire, la situation aurait été toute autre.

Selon l’orateur, ce protocole d’accord a été signé suite à une vague de violences perpétrées à l’endroit du personnel enseignant. Chose surprenante, a -t-il dit lors de la négociation, le ministère a dit qu’il n’a aucune proposition à faire.  » Le syndicat alors exigea que le gouvernement condamne ces actes à travers une déclaration, mais le ministre refusa.

Après quatre jours de négociation, le ministre de la Sécurité intérieure est venu en personne, accompagné de celui du Travail et de la Fonction publique, pour dire qu’il va sécuriser l’espace universitaire  » a indiqué le Secrétaire général. Avant de poursuivre que le gouvernement a accepté de faire la déclaration condamnant ces actes et c’est ainsi que «nous avons suspendu notre grève illimitée du 11 février».

D’autre part il a relevé que le ministre de la Sécurité avait dit qu’il détenait des noms et que les étudiants concernés seront arrêtés. Le Rectorat, pour sa part, s’était engagé à les faire passer en conseil de discipline.

Mais rien n’a été fait, a-t-il martelé. Voilà maintenant que le camarade Djibonding a été mortellement agressé.  » Cette fois-ci, nous allons prendre toutes les dispositions à notre niveau pour que la violence cesse au sein de notre faculté  » a -t-il affirmé.

A l’occasion de cette assemblée générale extraordinaire, les enseignants du supérieur se montrés solidaires en cotisant sur place plus de 175 000 F CFA pour Djibonding Dembélé..

Ramata TEMBELY

21 Mai 2008