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Cette marche de protestation contre l’agression d’un animateur vise également à interpeller les autorités publiques afin qu’elles diligentent une enquête pour démasquer les auteurs de cette pratique barbare digne d’une autre époque.

L’enlèvement rocambolesque de l’animateur vedette de radio Kledu continue d’alimenter les débats sur les places publiques de Bamako et même dans certains salons feutrés de la capitale.

La question que les uns et les autres se posent tourne autour de l’identité des auteurs de cet acte barbare. Tout le monde s’accorde à dire que la manière avec laquelle cet enlèvement a été opéré n’est, ni plus ni moins, que l’œuvre des professionnels.

Donc, des éléments de la Sécurité d’Etat qui ont accompli cette basse besogne. C’est pourquoi, l’Union des Journalistes de l’Afrique de l’Ouest (UJAO) dirigée par notre confrère, Ibrahim Famakan Coulibaly, a décidé d’organiser une très grande marche le mardi 12 juillet prochain pour exiger des autorités maliennes de faire toute la lumière sur cette agression sauvage.

Ce sont les hommes de médias, les hommes politiques et ceux épris de liberté et de justice sociale qui sont conviés à venir battre le pavé. Le rassemblement est prévu à 9 heures à la maison de la presse.

Ensuite, la foule se dirigera vers le ministère de la Communication via la Primature. Une conférence de presse sera animée par les principaux responsables des associations de journalistes au département que dirige Gaoussou Drabo.

D’une seule voix, la presse et les hommes politiques vont condamner l’acte crapuleux commis par des agents de l’Etat transformés en police politique du régime. Ils vont crier haut et fort : « plus jamais çà ».

Deux constats s’imposent

Le premier, c’est que le régime actuel est réfractaire aux critiques. « Dragon » a été enlevé et molesté à cause de son émission du mardi 5 juillet, portant sur les organisations caritatives des différentes premières dames que le Mali a connues mais en raison de plusieurs émissions précédentes.

Dans celles-ci, il semble qu’il est été très critique envers le régime. Et qu’il aurait même annoncé une fois, que le Général président, Amadou Toumani Touré a été mal élu puisqu’en réalité dans les décomptes des voix de la présidentielle dernière, il venait en troisième position et que tout le monde sait comment il s’est retrouvé à la première place. A ce que nous sachons, « Dragon » n’est pas le premier à avoir tenu de tels propos.

Des revues étrangères et des journaux de la place avaient effectivement rapporté en son temps de telles informations. Alors, pourquoi agresse t-on un animateur pour de telles banalités ?

Ce qui est sûr, c’est que ATT est au pouvoir, quelles que soient les conditions dans lesquelles, il a été élu. Donc, l’agression de Hamidou Diarra consiste à intimider la presse, à la museler, à la manipuler et bien sûr à l’affaiblir.

Le second constat, c’est que jusqu’au moment où nous mettions sous presse, l’Etat n’avait pas réagi. Il est resté indifférent face à une situation gravissime dans une démocratie. Autrement dit, il est complice, sinon commanditaire d’une agression, digne de l’époque dictatoriale.

Dans une démocratie, l’Etat se doit de condamner sans réserve tout acte barbare qui porte atteinte à la liberté, à l’intégrité physique des citoyens sur lesquels, il doit veiller en assurant leur sécurité. Aujourd’hui, c’est un animateur ou un journaliste.

Demain, ça sera le tour d’un leader politique, d’un député ou d’un magistrat. C’est pourquoi l’Etat doit s’assumer pour qu’il n’y ait plus jamais ça.

Chahana TAKIOU

07 juillet 2005