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Boubacar Boré, le président de l’Association Yérèwolo Ton, le professeur d’arabe Yacouba Niaré et le vendeur de pièces détachées Mamadou Sangaré, tous en prison dans l’affaire de l’agression physique du président de la République par intérim, le Pr. Dioncounda Traoré, le 21 mai dernier dans son bureau à Koulouba, vont comparaitre le 31 juillet devant un tribunal correctionnel de Bamako pour « troubles graves à l’ordre public ».

C’est le procureur en charge du dossier, Sombé Théra, qui l’a annoncé au cours d’un entretien à bâtons rompus qu’il nous a accordé hier dans son bureau au tribunal de la Commune III du district de Bamako. Le procureur de la République a toutefois indiqué qu’une audience de mise en liberté provisoire à la demande des avocats des prévenus aurait lieu dans « quelques jours ». Dans cette même affaire, Sombé Théra a révélé qu’une soixantaine de personnes ont été entendues, notamment une partie du personnel de la présidence de la République comme le secrétaire général Baba Berthé et des agents de la sécurité.

Il faut rappeler que Boubacar Boré, Yacouba Niaré et Mamadou Sangaré ont été placés sous mandat de dépôt le 28 mai dernier suite à l’ouverture d’une information judiciaire dans l’affaire de l’agression du président de la République par intérim Dioncounda Traoré. Quant à l’affaire dite des « bérets rouges » ayant fait plus d’une vingtaine de morts et plus d’une soixantaine de blessés, le procureur Sombé Théra indique que plusieurs personnes (militaires et civils) ont été « inculpées » sans donner plus de précision, histoire sans doute de ne pas gêner l’information judiciaire en cours. Aujourd’hui, l’opinion nationale suit avec attention ces affaires importantes sur lesquelles la justice est appelée à trancher.

A ce propos, le procureur de la Commune III, un magistrat aguerri, assure n’avoir douté à aucun moment de la capacité de la justice à mener à terme les deux affaires. « En acceptant de prendre ces dossiers, j’étais conscient de la mission qui m’attend. Je ne subis aucune pression de qui que ce soit. Si je dois subir une pression, ce sera la pression de la loi parce que je suis un serviteur de la loi », a commenté Sombé Théra.

Madiba Keïta

L’Essor du 8 Juin 2012