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Parmi les personnes interpellées, figurent une trentaine de militaires et une dizaine de responsables de la COPAM

jpg_une-771.jpgSuite à l’agression physique du président de la Transition, le Pr. Dioncounda Traoré, le 21 mai, le gouvernement a fait ouvrir une enquête pour situer les responsabilités. Ainsi que l’annonçait le gouvernement dans un communiqué lundi (voir l’Essor d’hier), dans le cadre de cette enquête en cours, une cinquantaine de personnes ont été interpellées par la gendarmerie. L’on en sait maintenant un peu plus sur ces interpellations. Une source au ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile précise que parmi les personnes interpellées, figurent une dizaine de responsables de la Coordination des associations patriotiques du Mali (COPAM) et une trentaine de militaires.

La même source ajoute que trois personnes ont été mises à la disposition de la justice. Il s’agit de Boubacar Boré, le président de l’association Yèrèwolo Ton, un groupement des jeunes qui fait parler de lui depuis le coup d’Etat du 22 mars, de Yacouba Niaré, un professeur d’arabe et de Lassine Cissé, l’administrateur de la radio Kayira, une station de proximité accusée de véhiculer des messages de haine et des appels à violence à l’endroit d’anciens dignitaires et de responsables actuels du pays, dont Dioncounda Traoré, président de la Transition et ancien président de l’Assemblée nationale. Hier, il était difficile d’avoir plus d’informations sur l’identité des personnes interpellées. Du côté du ministère de la Justice où nous sommes allés, la prudence est de mise. « Dans cette affaire, le ministre de la Justice a donné des instructions fermes sur le respect strict des droits des personnes interpellées.

Si au bout de 48 heures, il n’y a pas de preuves contre X ou Y, il est purement et simplement relâché », a indiqué un responsable de ce département. Nous avons ensuite rencontré à son bureau, le procureur général de la Cour d’appel de Bamako, Souleymane Coulibaly, qui est en charge de cette affaire. Le PG a indiqué qu’à l’instant où il nous recevait, il n’avait reçu que le dossier de deux personnes : Boubacar Boré, le président de l’association Yèrèwolo Ton et le professeur d’arabe Yacouba Niaré. « Il se peut que le dossier du responsable de la radio Kayira soit en circuit », précisera Souleymane Coulibaly qui n’a pas voulu s’étendre en commentaires sur les arrestations en cours. Le procureur général a cependant indiqué que les investigations se poursuivent et que c’est après qu’interviendra le procès.

« Quelle que soit la qualité des personnes qui sont placées sous mandat de dépôt, la justice va assumer toute sa responsabilité sans précipitation, sans passion et sans parti pris », a-t-il insisté. Toujours du côté de la Cour d’appel de Bamako, on estime que l’agression contre le président de la Transition à son bureau pourrait être qualifiée d’attentat à la vie d’autrui avec préméditation. Un crime de premier degré dont les auteurs pourraient encourir la peine capitale. « Il y a des gens qui se sont levés pour aller agresser le président dans son bureau et l’ont laissé pour mort. C’est donc un acte qui a été prémédité », a ainsi commenté un magistrat de la Cour d’appel. L’enquête est en cours et il y aura forcement d’autres interpellations et d’autres personnes placées en détention provisoire en attendant le jugement, ajoute notre source.
Une affaire à suivre évidement.

Madiba Keïta

L’Essor du 30 mai 2012