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Le massacre reconnu, l’héroïsme des victimes célèbré. La Justice désormais interpellée.

L’Etat a l’obligation de protéger les tombes et les témoins

En réussissant à fouler le sol d’Aguel hoc pour rendre hommage aux dignes fils du Mali qui y ont laissé leur vie en défendant la patrie, le ministre Boubèye vient de marquer les esprits par un coup médiatique de haute portée symbolique. A travers son geste courageux, la République du Mali reconnaît officiellement l’existence de l’exécution de prés de deux cent de nos valeureux soldats avec à sa tête le capitaine Sekou Traoré alias BAD commandant du dit camp. C’est le lieu de demander à l’Etat malien de procéder dès maintenant à la sécurisation de ces tombes avant le transfert des restes des corps à Bamako pour permettre aux familles d’observer enfin le deuil.

Et aussi la publication de la liste des victimes de ce massacre. En même temps et dans la perspective du traitement judiciaire de ce dossier, l’Etat malien doit aussi procéder à la protection des témoins civils et militaires qui ont miraculeusement échappé à cette horrible opération ciblée. L’excuse de la prise en charge d’un tel dossier de la part de la justice internationale ne peut plus prospérer quand on sait qu’aucun acte sérieux n’a jusque-là été posé par elle pour faire la lumière sur cette sauvagerie.

Autrement, les maliens seraient fondés de ne voir dans le voyage de Boubèye qu’un coup de communication pour redorer un blason profondément terni par la tentative avortée du 20 janvier 2014 qui devait offrir à la France l’occasion de laver son affront passé en signant à cette date symbolique les Accords militaires avec le Mali. Ce qui aurait été un complot honteux sur le dos de la nation qui n’aurait pas manqué de ridiculiser le Président IBK aussi bien chez-lui au Mali qu’auprès de ses compatriotes africains, car c’est le Chef de l’Etat qui est l’autorité garante de l’intégrité territoriale et morale de la République.

Nous ne les oublierons pas !

A.B.D

Source: L’Enquêteur du 04 février 2014