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Le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, a juré la main sur le cœur la fin de la corruption et les avatars de notre administration. A l’AGEROUTE, il aura du pain béni puisque les pratiques malsaines de notre service public y ont toujours la vie longue. Le ministre de l’Equipement et des Transports, animé d’une bonne foi pour changer les choses, a été manifestement trompé, avec la nomination du DG de l’AGEROUTE, Modibo Kéïta. Le tout nouveau Ministre de la Fonction Publique prendra t-il des dispositions qui s’imposent pour en finir avec de telles pratiques? Jugez-en vous-mêmes!

Il est incontestable que M. KEITA a frauduleusement oscillé entre la position de la disponibilité et de celle du détachement.
Plus de13 ans de disponibilité, en violation du statut général des fonctionnaires, il est logique de s’interroger s’il ne percevrait pas un double salaire. Suivez mon regard.
De 2006 à janvier 2013, date de sa nomination au poste de Directeur Général, il serait en détachement à l’AGEROUTE, conformément à l’arrêté N°2012-0742/MTFP-DNFPP-D2.3 portant renouvellement de détachement.
Il faut se rassurer de sa validité et de sa régularité au près des services compétents. L’acte, signé le 29 février 2012, fixe sa mise en vigueur pour mars 2011, de façon rétroactive.

L’arrêté indique que Monsieur KEITA, avant cet acte, était précédemment en service au Ministère de l’Equipement et des Transports. Ce qui est manifestement contraire à la réalité, car il est incontestable que depuis 1992 il n’a plus servi dans ce Département.
En plus, cet arrêté porte renouvellement d’un autre arrêté, N°09-0539/MTFPRE-DNFPP-D2-3 du 17 mars 2009, relatif à un éventuel détachement de M.KEITA. Cet autre acte a-t-il existé concrètement? Seul le département en charge de la fonction publique pourra répondre à cette interrogation.
Si l’intéressé a pu obtenir un arrêté de détachement, sur lequel pèse un doute sérieux, il doit tout de même avoir un certificat de cessation de paiement délivré par l’ordonnateur précédent du Budget sur lequel il aurait émargé.

A en croire les termes de l’arrêté incriminé, ce serait normalement le Ministère du Général Abdoulaye KOUMARE. De source proche des travaux publics, Monsieur KEITA ne compte plus dans l’effectif du personnel des BTP et sa nomination en qualité d’Ingénieur des constructions civiles, avec un numéro matricule, en a étonné plus d’un.
A l’évidence, Monsieur KEITA a toujours obtenu des arrêtés de détachement, mais jamais d’arrêtés de rappel en activité, ni d’arrêté de mise en congé de formation signés du Ministre chargé de la fonction publique. Egalement, il n’a jamais disposé d’arrêté de rappel à l’activité signé par la même autorité.
Les procédures réglementaires uniformes de l’exécution de la dépense publique exigent un certificat de cessation de paiement d’un fonctionnaire en détachement, conformément aux pièces justificatives exigibles par les corps de contrôle.

Un fonctionnaire qui a demeuré en disponibilité plus de 13 ans (ce qui est illégal) et qui a pu conserver son numéro matricule jusqu’à ce jour, touche, sans nul doute, un double salaire. Surtout que la Direction générale de la caisse des retraités et celle de l’INPS connaissent bien le double emploi de M. Keïta. A suivre.

Hamdi Baba

22 Septembre du 10 Octobre 2013