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La société Energie du Mali (EDM-SA) est de plus en plus sur la sellette de ses abonnés. Des vitres de son agence de Badalabougou, en Commune V, ont été brisés lundi matin par des clients mécontents de la lenteur des caissiers.

Comme à l’accoutumée, de nombreux clients, partis payer leurs factures avaient massivement et matinalement fait le déplacement à l’agence EDM-SA de Badalabougou lundi dernier pour être les premiers à s’acquitter de leurs redevances eau et électricité. C’était sans compter avec le retard des caissiers en cette matinée de fraîcheur.

A l’heure normale du démarrage du paiement, aux dires d’un abonné, seulement un guichet était prêt à recevoir un parterre de clients, qui était écœuré et qui ne cessait de manifester son ras-le-bol. C’est dans ce vaste mouvement de colère qu’une caissière serait arrivée. Mais, comme il est d’usage dans le milieu, elle aurait fait du favoritisme en gérant un client et en laissant les autres perplexes.

« Je vais d’abord prendre le petit déjeuner, sinon on ne peut pas commencer le paiement », leur aurait-elle dit, selon des témoins. Au moment où elle prenait son café au lait, des clients, très remontés, s’en sont violemment pris à elle avec à la clé des grossièretés et autres menaces. Et ce qui devait arriver arriva. Décidés à faire avaler à la dame la pilule, des abonnés ont brisé des vitres.

Alertés, les laves gardes qui surveillaient les lieux sont venus au secours pour « remettre de l’ordre » dans la maison. Mais, ils ont eu du mal à maîtriser la furie populaire. Un lave garde aurait même été blessé.

Quand les ardeurs se sont calmées, le client qui « faisait office de leader de la guérilla », a été conduit à la police. Cet acte n’est que l’énième expression du dégoût des clients d’EDM-SA, qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Renouveau ou leurre ?

Surtout que les responsables de la société se montrent insensibles à leur calvaire. En plus des coupures intempestives (des zones privées d’eau et de sommeil plusieurs heures durant), les clients d’EDM-SA font sans cesse face à un calvaire dans le paiement de leurs factures.

En vue de décongestionner l’affluence devant ses guichets de paiement, EDM-SA est en train d’ouvrir de nouvelles agences. Cependant, c’est visiblement peine perdue, car on a l’impression qu’au lieu de diminuer, les rangs se rallongent jour après jour avec des bousculades et des querelles incessantes. « Nous avons plus de peine à nous acquitter de nos factures qu’à consommer l’eau et l’électricité », se plaignent bon nombre d’abonnés.

La porte de sortie trouvée par de nombreux clients est de payer quelqu’un, qui supporte toutes ces caprices. « Nous venons spécialement pour payer les factures de certains clients qui nous donnent de l’argent en retour de toutes les peines que nous endurons ici », affirment des sous-traitants.

En tout état de cause, certaines personnes désabusées vont jusqu’à dire que le « renouveau de l’action publique » proclamé tambour battant n’est qu’un pilotage à vue commandité par les différents départements dans le but de « nous montrer qu’ils œuvrent pour notre satisfaction ».
Si renouveau il y a, à leur avis, les usagers des services publics doivent être satisfaits.

Et cela passe par l’amélioration qualitative et quantitative des services publics. A cet effet, beaucoup de clients d’EDM-SA pensent que le cahier de présence doit être de rigueur et que les caissiers retardataires doivent être sanctionnés.
Aussi les « arrangements entre parents » dans le cadre du paiement des factures doivent-ils prendre fin.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

18 Juin 2008