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Agée d’à peine 20 ans, Afssatou Traoré est l’une des jeunes filles qui ont choisi de faire carrière dans la riziculture. Apprenante au Cefe de Niono, elle affirme vouloir s’émanciper grâce à la terre.

Le Centre d’études et de formation des entreprises (Cefe) de Niono accueille depuis le 1er septembre 2008 plus de 182 jeunes de centres d’éducation pour le développement (CED) et des recalés du diplôme d’études fondamentales (DEF) qui s’initient aux techniques culturales du riz et de l’aviculture.

Dans le lot des apprenants, on retrouve de nombreuses jeunes filles. Afssatou Traoré est l’une d’entre elles. Orpheline de père et de mère, elle a choisi de faire de la culture du riz sa profession après la 6e année fondamentale nantie seulement du certificat d’études primaires (CEP).

Le choix de cette jeune fille n’est pas fortuit car, dit-elle, ses parents étaient des paysans. « C’est auprès d’eux que j’ai appris les techniques traditionnelles de culture de riz et aimé la terre ». Mais, les connaissances ancestrales ou parentales ne suffisent plus pour être une grande productrice de riz, la véritable ambition qu’elle veut réaliser.

La demoiselle pense d’ailleurs qu’elle est condamnée à la réussite puisqu’elle veut prendre en charge ses jeunes frères. « Depuis le décès de mes parents, notre champ est mis en location par l’oncle qui empoche les frais ».

A combien le champ est-il loué ? Mlle Traoré n’en a aucune idée. « J’ai choisi de cultiver le riz parce qu’on gagne tout dedans », dit-elle. Et de poursuivre qu’après avoir obtenu sa qualification, elle voudrait exploiter le champ de ses défunts parents ou à défaut d’autres. « Je veux m’émanciper et nourrir mes frères à partir de la terre », dit-elle, déterminée à relever le défi.

Denis Koné

(envoyé spécial)

10 Octobre 2008