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Comme en 2017, la sélection nationale a été éliminée dès le premier tour, concédant trois défaites en autant de sorties face, respectivement au Nigeria (81-73), à la Côte d’Ivoire (90-67) et au Kenya (72-66)

L’Afrobasket masculin, Rwanda 2021 est déjà terminée pour les Aigles. Battus lors des deux premières journées, respectivement par le Nigeria (81-73) et la Côte d’Ivoire (90-67), les protégés du sélectionneur national, Boubacar Kanouté ont concédé une troisième défaite, hier devant le Kenya, s’inclinant 66-72 au compte de la dernière journée de la phase de poules.

La sélection nationale n’a donc pas fait le poids face à l’élite continentale, alors qu’elle avait séduit tout le monde pour son entrée en matière contre le «grand» Nigeria. Le manque d’expérience de l’équipe, dont l’effectif actuel est composé de à 60% de joueurs locaux, explique en grande partie cette contreperformance. On peut également évoquer le problème de préparation, qui n’a pas été à la hauteur des attentes. Le technicien Boubacar Kanouté souhaitait faire son stage de préparation en France, mais l’équipe n’a pu effectuer ce voyage pour diverses raisons.

Pour revenir à la compétition proprement dite, la prestation des Aigles, contre le Nigeria lors de la première journée a suscité beaucoup d’espoirs, en dépit de la défaite de l’équipe. Ainsi, on s’attendait à voir les protégés de Boubacar Kanouté confirmer cette prestation honorable, dès leur deuxième sortie contre la Côte d’Ivoire. Mais contre toute attente, la sélection nationale a été sèchement battue 90-67 par les Ivoiriens. Cette déroute a fait très mal à Ibrahim Djambo et ses coéquipiers, notamment sur le plan mental. On s’en est aperçu, hier lors de la dernière journée de la phase de poules contre le Kenya.

Non seulement les Aigles ont été battus, mais l’équipe n’a jamais réussi à prendre la mesure de son adversaire. En atteste le score des quatre quarts temps : 22-18, 33-29, 55-45, 72-66. Face à des Kenyans qui avaient également perdu leurs deux premiers matches, les nôtres ont tenté de prendre la direction des opérations d’entrée de jeu. Ils marquent les premiers paniers de la partie mais très vite le Kenya prend le contrôle du match et remporte le quart temps initial 22-18.

Au deuxième quart temps, la sélection kenyane est bousculée par les protégés de Boubacar Kanouté, mais elle résiste et reste en tête à la mi-temps (33-29).

Au retour des vestiaires, les nôtres manquent d’automatisme dans le jeu et après seulement 3 minutes de jeu, le Kenya s’envole au tableau d’affichage, en portant l’écart à 10 points (41-31). Conduite par Ongwae Tylor (12 points), la sélection kenyane maintient la cadence et s’impose au troisième quart temps (55-45). Avec un tel écart, il fallait un exploit aux Aigles pour renverser la vapeur dans l’ultime quart temps. Malheureusement, le ressort était déjà cassé et Ibrahim Djambo et ses coéquipiers ne parviendront plus à relever la tête. Logiquement, ils s’inclinent 72-66, un revers synonyme d’élimination pour notre pays.

Au coup de sifflet final, la tristesse et la déception étaient sur tous les visages. «On a perdu et on est éliminé. A ce niveau, il n’y a pas de miracle, quand on travaille, on a le résultat. La préparation a été courte, avec des joueurs qui manquent pour la plupart d’expérience, c’était difficile de faire un bon résultat. Je suis quand même fier de cette équipe, elle a tout donné, mais ça n’a pas marché.

On va tirer les leçons pour viser plus haut la prochaine fois», a réagi le capitaine des Aigles, Ibrahim Djambo après la rencontre. Le sélectionneur national-adjoint, Zoumana Coulibaly estime également que l’équipe a péché par manque de préparation. «Notre bilan n’est pas bon, le haut niveau exige un minimum de préparation. Sur ce point, il faut avouer que l’équipe n’a pas eu une préparation adéquate.

Physiquement, les enfants n’étaient pas en jambe, ils ne pouvaient pas tenir les quatre quarts temps», a déclaré le technicien. Il poursuivra : «Il y a encore beaucoup de choses à revoir. Le Mali a des talents, mais nous devons avoir le courage de dire qu’il y a beaucoup de lacunes sur le plan organisationnel. Les joueurs ont vraiment mouillé le maillot, ils méritent d’être félicités».

«J’ai un sentiment de regrets et de déception. A chaque Coupe d’Afrique, on sort par la petite porte, même si cette fois, l’équipe s’est battue jusqu’au bout. Nous avons fait de notre mieux, mais ça n’a pas marché», a confié pour sa part Papa Tandina.

C’est la deuxième d’affilée que les Aigles quittent l’Afrobasket masculin dès le premier tour après celle de la précédente édition qui s’était déroulée en 2017 en Tunisie et au Sénégal. Désormais, les regards se tournent vers les éliminatoires de la Coupe du monde 2023 qui débuteront en novembre.

Envoyé spécial

Seïbou S. KAMISSOKO

ILS ONT DIT….

Sidy Diallo, chef de la délégation malienne : «C’est la première fois que le Mali concède trois défaites d’affilée dans une phase de poules de l’Afrobasket. C’est décevant. Honnêtement, le niveau n’y était pas. Certains joueurs découvraient la compétition, en plus l’équipe n’était pas au complet».

Djénébou Sanogo, directrice technique nationale de la sélection nationale : «La plupart des joueurs n’étaient pas en jambe, c’est peut-être dû au manque de préparation. La réussite n’était pas de notre côté, en basket il faut marquer et savoir défendre».

Mahamadou Keïta, ailier des Aigles : «Les entraîneurs ont fermé les yeux sur beaucoup de choses, aujourd’hui nous récoltons les pots cassés. Même si les cadres ont fait défection, le staff technique pouvait faire appel à d’autres joueurs parce que le Mali regorge de talents».

Liz Mills, coach de l’équipe kenyane : «J’ai trouvé en face une équipe malienne engagée. Nous avons eu du mal à prendre le large au tableau d’affichage. Le Mali a quelques individualités. L’équipe a une bonne marge de progression».

Envoyé spécial
S. S. K.

SOURCE : ESSOR