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Si les téléspectateurs de l’Ortm, dimanche soir, n’ont pas été surpris de voir et d’entendre le Premier ministre Modibo Sidibé s’exprimer sur la situation politique de notre pays, il faut pourtant dire que cela ne relève pas de ses habitudes. On l’a, en effet, très souvent entendu parler de la croissance économique, des infrastructures, de la production agricole et du dialogue social pour, d’une part, expliquer la conjoncture financière et d’autre part, apaiser le climat social, notamment, pendant les périodes de crises de l’éducation ou des remous sociaux. Est- ce donc sa nouvelle stratégie politique, d’un commun accord avec la presse internationale, pour entrer résolument dans la scène politique, grâce au plateau d’Afrique Presse ?

En tout cas, Modibo Sidibé a répondu aux questions relatives au renforcement de notre système démocratique par le respect des libertés publiques et de la personne. Il a aussi soutenu que plusieurs élections, au Mali, ont montré que le système électoral a évolué, grâce au dialogue politique qui permet aux acteurs de surmonter les moments difficiles. L’approfondissement de la démocratie, a-t-il ajouté, s’est consolidé avec la décentralisation. Interrogé sur le remaniement ministériel, Modibo Sidibé a répondu qu’il ne s’exprimera pas sur cette question.

C’est dire que la question du remaniement gouvernemental ne relève pas de lui. Autrement dit, l’initiative d’un remaniement ministériel vient du président de la République. Concernant le faible taux de participation, le Premier ministre a attiré l’attention sur le système de l’inscription automatique et déclaré qu’il y a eu, malgré tout, des taux assez importants de 40%. Il a indiqué que des mesures fortes seront prises avec le Recensement administratif à vocation d’état civil (Ravec) qui va permettre de mesurer l’électorat.

Modibo Sidibé a fait état des réformes initiées par le président de la République, en l’occurrence, l’Agence générale aux élections, une nouvelle structure qui va permettre une gestion plus efficiente des élections. Il a fait remarquer que les partis politiques ont des rôles éminents à jouer pour mobiliser l’électorat, moraliser les élections et réduire les fraudes. L’opposition, a-t-il reconnu, est indispensable, car il faut éviter que l’exercice du pouvoir s’exprime par la domination de la majorité.

Donc, a dit le Premier ministre, il faut la liberté de critique car, être dans l’opposition est un choix. Cela confirme, a-t-il assuré, ce qu’il avait déjà affirmé dans sa Déclaration de politique générale, à savoir que notre démocratie se reconnaît dans sa capacité de discuter, de se parler et d’arriver à la tolérance.

C’est avec cette opposition, a affirmé Modibo Sidibé, qu’il y aura des majorités de progrès et de consensus. De toutes façons, a-t-il ajouté, le Comité d’appui aux réformes institutionnelles a réfléchi sur le statut de l’opposition. Aujourd’hui, a assuré le Premier ministre, Modibo Sidibé, il travaille aussi bien avec l’opposition qu’avec la majorité parlementaire. C’est d’ailleurs, à ce titre, a-t-il précisé, qu’il avait reçu les membres de l’opposition sur les questions de l’école et de la vie chère.

Baba Dembélé

Le Républicain du 03 Août 2010.