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Les pluies diluviennes qui touchent l’Afrique de l’Est depuis octobre et ont fait plus de 300 morts ont été jusqu’à deux fois plus intenses à cause du changement climatique causé par l’activité humaine, selon une étude scientifique publiée jeudi.

Les intempéries qui ont touché l’Ethiopie, le Kenya et la Somalie entre octobre et décembre « ont été l’une des plus intenses jamais enregistrées dans la région », selon le World Weather Attribution (WWA), un réseau mondial de scientifiques qui analyse en temps réel les événements météorologiques extrêmes.

Pour les chercheurs du WWA, « le changement climatique a contribué à l’événement, rendant les fortes précipitations jusqu’à deux fois plus intenses ». Selon eux, « tant que la planète continuera à se réchauffer, de fortes précipitations comme celles-ci seront plus fréquentes en Afrique de l’Est ».

Le rapport du WWA a pointé du doigt le « besoin urgent d’éliminer progressivement les combustibles fossiles et réduire les émissions à zéro ».

Les chercheurs notent toutefois qu’il existe encore des « incertitudes » sur la « contribution exacte » du réchauffement climatique.

La Corne de l’Afrique est l’une des régions les plus vulnérables au changement climatique et les phénomènes météorologiques extrêmes y sont de plus en plus fréquents et intenses.

La pire sécheresse en quarante ans a frappé la région après plusieurs saisons de pluies décevantes qui ont laissé des millions de personnes dans le besoin et dévasté les cultures et le bétail.

Selon l’étude du WWA, la vulnérabilité de la population joue également un « rôle majeur »: « De nombreuses communautés étaient déjà sous le choc d’une sécheresse de trois ans provoquée par le changement climatique, ayant occasionné la mort de bétail, de mauvaises récoltes et l’insécurité alimentaire ».

Selon un rapport publié jeudi par le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU, « les inondations dévastatrices menacent d’aggraver l’insécurité alimentaire dans toute l’Afrique de l’Est alors que de fortes pluies frappent une région qui, il y a moins d’un an, était en proie à la sécheresse ».

Pour le PAM, les pluies diluviennes, avec des précipitations 140% supérieures à la moyenne, « ont détruit des propriétés, des infrastrustures et des cultures », tuant également le bétail.

Les pluies diluviennes ont fait plus de deux millions de déplacés en Afrique de l’Est, près de la moitié rien qu’en Somalie. Les précipitations ont fait au moins 57 morts en Ethiopie, plus de cent morts en Somalie et au moins 165 au Kenya.

Au moins 23 personnes sont également mortes du choléra dans une région de l’Est de l’Ethiopie touchée par d’importantes inondations.

El Niño, généralement associé à une augmentation des températures, à des sécheresses dans certaines parties du monde et de fortes pluies dans d’autres, devrait se prolonger jusqu’en avril.

Source: AFP