Partager

Le Mali ne servira pas de base pour le commandement régional américain par l’Afrique (Africom), d’un effectif de plus de 1 000 hommes. La visite du président Amadou Toumani Touré, coupe ainsi court à toutes les interrogations, affirmations et autres supputations, sur la volonté des Américains d’implanter ce commandement dans notre pays.

Africom, c’est un pactole de 50 millions de dollars déboursés par l’administration américaine pour son opérationnalité.

C’est aussi tout un arsenal de combat, que seuls les Américains sont capables de déployer et d’entretenir hors de leur territoire.

Depuis plus d’un an, l’on prête l’intention aux Américains de vouloir implanter ce commandement au Mali, d’autres précisent même qu’il sera au nord du pays, avec pour première mission de traquer sur la bande sahélo-saharienne les groupuscules armés et surtout les groupes terroristes qui s’y sont implantés.

Au terme de sa visite la semaine dernière à Washington, le président Amadou Toumani Touré, interrogé par la presse, a été on ne peut plus clair : « Pour ce qui est de la sécurité surtout dans la bande sahélo-saharienne devenue aujourd’hui une grande préoccupation, Maliens et Américains partagent le même point de vue. Une lutte globale et coordonnée doit être menée contre ce fléau.
Mais de là à installer dans notre pays le commandement des forces américaines pour l’Afrique, le Mali et les Etats-Unis n’entendent pas franchir ce pas, comme cela avait été hâtivement annoncé dans la presse un moment donné
« .

Ce n’est pas tout. Le président Touré a tenu à apporter une précision de taille. Selon ATT, les « Américains n’ont pas fait de demande dans ce sens [NDLR : l’implantation d’Africom au Mali]. Et le Mali non plus n’a pas fait une telle proposition ».

En place depuis février 2007, Africom est provisoirement basé en Allemagne. Jusqu’ici, l’administration américaine n’est pas arrivée à trouver un pays d’accueil pour ce commandement.

Hautement stratégique pour les Américains, Africom est appelé à veiller sur « la sécurité des Etats africains ». Au delà, d’autres raisons expliquent sa création. « L’Afrique est devenue un continent stratégique, c’est le deuxième le plus peuplé de la planète. C’est un continent qui échange de plus en plus avec les Etats-Unis, notamment ses ressources naturelles… », explique M. Eric S. Eliot, porte parole du commandement.

Mais au delà, nombreux sont les dirigeants africains à dénoncer « cette nouvelle forme de colonisation américaine » avec Africom.

CH. Sylla

18 Février 2008.