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Bishop Akolgo, un chercheur ghanéen, appelle le gouvernement à se doter d’une vision avant d’exploiter cette ressource.

L’atelier sur l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE) et la Campagne Publiez Ce Que Vous Payez s’est ouvert, hier lundi 11 février, à Azalaî hôtel Nord-Sud.

Bishop Akolgo, chercheur au Centre de développement social intégré de Ghana (ISODEC) a exposé le thème : » Politique économique des ressources naturelles dans la sous-région : quelles politiques pour une justice économique « . Dans son argumentation, il a déclaré que les ressources pétrolières et leur exploitation par les Etats africains sont  » source de conflits  » et restent  » une malédiction  » pour les Etats africains du fait de  » l’opacité qui entoure leur gestion « .

Le conférencier n’a pas manqué de saisir l’occasion pour appeler le gouvernement malien à se doter d’une vision avant d’exploiter le pétrole s’il venait à être découvert. « C’est la seule solution pour éviter d’éventuels conflits meurtriers entre les populations » a-t-il estimé.
La gestion des ressources naturelles dans certains pays africains est devenue une cause de conflits dans la mesure où elles ont poussé le gouvernement et une multitude de groupes rebelles à se battre pour le contrôle de zones riches en de telles ressources.

Les ressources pétrolières et leur exploitation par les Etats africains sont source de conflits et restent une malédiction pour les Etats africains du fait de l’opacité qui entoure leur gestion. Le conflit au Tchad, au Libéria sont, entre autres, des illustrations évidentes. Les éléments de cette malédiction sont d’ordre économique, politique et sécuritaire. Au Mali, le gouvernement doit faire très attention.

De la même manière, il doit persévérer dans la prospection, il doit aussi se doter d’une vision pour gérer cette ressource avant de l’exploiter. C’est à ce prix qu’il pourra éviter des conflits entre les populations au cas où le pétrole serait découvert au Mali » a déclaré Bishop Akolgo, chercheur au Centre de développement social intégré de Ghana (ISODEC).

L’orateur de souligner la nécessité pour la Société civile africaine d’exercer la pression pour briser les barrières afin de mettre la main sur les documents de transaction des contrats.

Quant à la Campagne Publiez Ce Que Vous Payez, M. Akolgo de soutenir qu’elle doit apporter son expérience, son expertise et un appui financier pour la mise en œuvre et la réussite de l’ITIE au Mali.
C’est par ces déclarations que Bishop Akolpo a développé son thème qui s’intitule « Politique économique des ressources naturelles dans la sous-région : quelles politiques pour une justice économique« .

En prélude à cette conférence, la cérémonie d’ouverture a été marquée par l’allocution du Secrétaire permanent de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) Mali, Sidi Mohamed Zoubèye.

Il a rappelé qu’au cours des dix dernières années, l’idée d’améliorer la transparence et la traçabilité financière des revenus générés par les industries extractives et d’en faire des outils vitaux permettant de réduire la pauvreté et de stimuler de la croissance économique a fait son chemin au Mali. « Le Mali démocratique et troisième producteur africain d’or, depuis quelques années, ne pouvait se soustraire de cette obligation à rendre compte. Aussi, depuis août 2006, notre pays a volontairement adhéré à l’initiative de transparence des industries extractives » a-t-il laissé entendre.

Tiémoko Souleymane Sangaré de la Fondation pour le Développement du Sahel (FDS) a, de son côté, mis l’accent sur les objectifs de l’atelier. Celui-ci vise à informer les sociétés civiles des pays participants – Niger, Burkina-Faso, Ghana, Guinée Conakry etc.- sur la Campagne Publiez Ce Que Vous Payez.

Pour terminer, il convient de souligner que cet atelier, qui prendra fin demain, se déroule à l’Azalaî hôtel Nord-Sud, sous forme de présentation, débats, discussions et de travaux de groupe.

Abdoul Karim KONE

12 Février 2008.