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L’aéroport international de Bamako-Sénou est fermé depuis que des affrontements ont éclaté entre militaires dans la nuit de lundi à mardi 1er mai. Du coup, ce sont des centaines de nos compatriotes qui sont bloqués dans les aéroports européens et africains.

Le 30 avril dernier, l’aéroport international de Bamako-Sénou a été le théâtre de combats entre des unités d’une même armée : des bérets rouges sont opposés aux bérets verts. Les combats ont été très violents avec des pertes de vies humaines de part et d’autre. Le personnel travaillant à l’aéroport a déserté des lieux. Les vols programmés ont été annulés et les passagers étaient obligés de rentrer soit chez eux, soit dans des hôtels.

« En attendant que le calme ne revienne ». Quarante-huit heures après les combats, l’aéroport de Sénou reste aux mains des militaires fidèles au capitaine Amadou Haya Sanogo. Ils ont avec eux des armes lourdes. La zone est d’accès interdite. Conséquences : aucun vol ou atterrissage n’est autorisé jusqu’à nouvel ordre. Selon un propriétaire d’une boutique, « tout est fermé. On ne voit que les militaires avec armes aux points ». Une source de la direction générale aéroportuaire confirme la fermeture « jusqu’à nouvel ordre ».

Les agences et autres compagnies de voyages confirment à leurs clients la fermeture de Bamako-Sénou. En France, plusieurs de nos ressortissants sont bloqués dans les aéroports d’Orly et de Roissy Charles De Gaulle. Joint au téléphone, un chef de famille, dont la femme est hospitalisée dans un hôpital, décidé à tout prix de regagner le bercail, affirme passer par Ouagadougou pour ensuite emprunter un bus pour Bamako. « Nous sommes des dizaines à être bloqués ici depuis deux jours avec nos marchandises », affirme un commerçant depuis le Nigeria.

Malgré l’intervention radiotélévisée du Premier ministre, Cheick Modibo Diarra hier faisant état de la non fermeture de l’aéroport de Bamako Senou, des militaires fidèles au CNRDRE avaient barricadé la route menant à l’aéroport. Plus de 200 passagers n’ont pas pu accéder à la salle d’embarquement et les militaires refusaient de les ouvrir le chemin sans l’autorisation de leur hiérarchie.

Amadou Sidibé

03 Mai 2012