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Plusieurs étudiants ont été blessés dans des heurts qui ont éclaté hier mardi 9 juin, à la faculté de médecine du Point G. A notre passage, mardi matin, la tension était palpable car les étudiants avaient bloqué tous les accès menant à la faculté en barricadant les différentes voies.

Les étudiants entendaient à travers cette action protester contre la grève des professeurs et l’inaction des pouvoirs publics pour gérer cette situation. Les professeurs issus essentiellement du SENSUP ont entamé hier une action de grève illimitée qui devrait durer une semaine. En arrêtant le travail, ils voulaient ainsi exprimer leur mécontentement contre l’indifférence des autorités peu enclines à satisfaire leurs doléances socioprofessionnelles qu’ils jugent légitimes.

Pourtant comme nous le rappelions dans notre édition de mardi, ce n’est pas la première fois que les professeurs décident d’arrêter le travail. Par le passé, des grèves cycliques ont été observées par ces professeurs pour faire entendre leurs revendications mais sans succès. Chose qui les a contraints à observer cette action après l’expiration du délai de leur préavis hier.

Cette situation a largement pénalisé certains étudiants qui au lieu d’être en vacance comme dans les autres facultés se retrouvent en train de faire des cours. D’autres n’ont même pas fini la moitié du programme rendant de plus en plus plausible le spectre d’une année blanche. Craignant tout débordement, les forces de maintien de l’ordre se sont déployées dans les abords de la faculté de médecine. En sous effectif par rapport aux étudiants dont certains étaient prêts à en découdre, les policiers ont été contraints de demander des renforts. Sans ménagement, ils ont tiré des grenades lacrymogènes à l’endroit des manifestants pour les disperser.

Face à eux, les étudiants tentaient de répliquer par des jets de pierres et de projectiles pour desserrer l’étau. Notons que les échauffourées ont été déplacées jusque dans les logements de certains qui sont restés terrés chez eux pour ne pas être pris par les policiers. Signalons que la mairie du Point G a été partiellement détruite en raison de l’ampleur des affrontements. On apprend également que plusieurs étudiants ont été conduits aux urgences dont l’un est blessé à l’abdomen, un autre au thorax et un troisième était inerte.

Maciré DIOP

10 Juillet 2013