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Rien ne va plus désormais entre le village de Koumana-Couta (Mali) et celui de Balandougou (Guinée), après l’attaque perpétrée à deux reprises par la partie guinéenne et qui avait occasionné deux morts. En plus de ces pertes en vie humaine, tous les greniers de mil et d’arachide ont été incendiés par les habitants du village guinéen. Mais le hic, c’est que selon un habitant du village malien, rien n’a été entrepris depuis lors par les autorités des deux pays en vue de ramener la paix dans cette zone.

Aussi, cette tension demeure toujours perceptible, surtout que les forces en présence sont inégales. En effet, selon nos informations, le village guinéen est puissamment armé et soutenu par les forces de sécurité installées dans le village ; tandis que le village malien est laissé à son propre sort, car ses forces de sécurité sont installées loin, c’est-à-dire à Kangala.

Aussi, des voix commencent à s’élever pour dénoncer l’attitude des autorités maliennes, accusées de non assistance à populations en danger. “Juste après les attaques meurtrières dont les victimes sont des Maliens, les autorités maliennes ont été contactées et mises au courant des drames. Malheureusement, elles sont restées muettes et les populations se voient ainsi abandonnées à leur triste sort”, a déclaré un ressortissant de la localité, en l’occurrence, Me Faguimba Keïta, Avocat à la Cour.

Rappelons que cet avocat est connu dans toute la localité pour être très proche des populations sinistrées. D’ailleurs, Me Keïta est en train de réunir tous les éléments de preuve et la saisine de cette juridiction communautaire qui n’est plus qu’une question d’opportunité.

On se rappelle que ces villages frontaliers entre le Mali et la Guinée se sont souvent illustrés par des affrontements sanglants, souvent meurtriers. Cela est dû au fait que la zone est un lieu d’activité agro-pastorale. Généralement, il s’agit d’affrontements pour des problèmes de terres ou entre éleveurs et agriculteurs.

Malheureusement, les villages maliens sont moins protégés par rapport à ceux des guinéens. En effet, tous les villages frontaliers guinéens sont dotés de postes de forces de sécurité (Police, Gendarmerie, Douane) : tandis que du côté malien, les postes sont souvent loin au chef-lieu de Préfecture ou de Sous-Préfecture. Bien qu’avant l’intervention des forces de sécurité, il y a déjà des dégâts et des victimes.

Face à cette lenteur de nos autorités, les ressortissants du village malien, par l’entremise de Me Faguimba Keïta, entend saisir les instances judiciaires de la CEDEAO pour saisir l’Etat malien. Espérons qu’une solution rapide pourra être trouvée afin que la quiétude et la paix des populations de la zone soient une réalité.

C’est donc une nouvelle épine que les autorités maliennes se doivent d’ôter de leur pied : éviter d’autres dégâts et victimes. “Si les autorités maliennes refusent de nous assister, nous saurons comment avoir des armes pour nous défendre. On ne peut plus nous laisser faire, alors que les Guinéens sont soutenus par leurs autorités”, a clamé un habitant du village, très amer.


Sadou BOCOUM

Le Soir de Bamako du 06 Avril 2009