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L’affaire a failli créer un incident diplomatique entre le Mali et la République Fédérale d’Allemagne quand l’Ambassadeur de ce pays à Bamako, Karl Flittner, au cours d’un dîner, a dénoncé le comportement de la justice malienne en estimant que celle-ci n’a pas dit tout le droit concernant le conflit d’intérêts entre la Banque de l’Habitat du Mali (BHM) et la WAIC, une société allemande qui collaboraient pour la construction d’une cité dénommée « Mangueraie de Sébénicoro ». C’était le 2 octobre 2009, à la faveur des festivités du 3 octobre, date de l’unification allemande.

Cette nuit-là devant les ministres de la République, les élus de la nation, les diplomates et bien d’autres personnalités, l’ambassadeur Karl Flittner s’est exprimé sur l’affaire WAIC-BHM en ces termes : «L’expropriation par des méthodes plus que douteuses, sans compensation aucune, d’une société d’investisseurs allemands, à l’initiative et au profit de la Banque de l’Habitat du Mali, n’est pas de nature à nous conforter dans notre confiance dans la bonne gouvernance en général et dans le système judiciaire en particulier et encore moins à encourager le secteur privé à s’engager dans des initiatives et partenariats au Mali».

Ces propos ont vraiment choqué certaines autorités maliennes dont le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Moctar Ouane, qui s’est vu obligé de « convoquer » le diplomate allemand dans son bureau pour lui signifier que ces propos portent atteinte à l’image de marque de la coopération entre le Mali et l’Allemagne qui a été le premier pays dans monde occidental à reconnaitre le Mali indépendant en 1960.

Le Premier ministre, chef du gouvernement, Modibo Sidibé, a également profité de l’interpellation de l’Ambassadeur d’Allemagne au Mali sur la même question, lors d’une réunion entre le gouvernement malien et certains partenaires techniques et financiers, pour déclarer, de façon subtile, que les opérateurs économiques allemands concernés dans l’affaire n’ont pas totalement raison.

Face à la situation, le président ATT a été, selon nos sources, le premier à évoquer la question devant les parlementaires allemands en mission au Mali en soutenant qu’«il faut que le Mali et l’Allemagne trouvent une solution fraternelle à cette affaire entre la WAIC et la BHM ».

Aussi, toujours selon nos sources, le président ATT s’est dit prêt à recevoir la partie allemande. Ce qui fut chose faite à Paris, en marge des festivités commémoratives du 14 juillet.

Selon les mêmes sources, ATT a reçu les hommes d’affaire allemands en question en compagnie de Louis Michel de l’UE et les a invités à venir à Bamako pour que l’affaire soit tirée au clair.

Ainsi, l’on peut soutenir, sans risque de se tromper, que ATT a résolu de prendre l’affaire WAIC-BHM en main afin d’éviter que la coopération exemplaire entre le Mali et l’Allemagne n’en souffre pas trop. Il est dans son droit en tant que premier responsable de la politique extérieur du Mali.

Reste à savoir comment il compte s’y prendre.

Alassane DIARRA

22 Juillet 2010.