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En fait, le rapport de mission n’est pas encore rendu public. Mais, déjà, l’étau se resserre autour d’Ahmed Sow, puisque l’Union européenne vient de réclamer à Fitina plus de 3,5 millions d’euros (plus de 2 milliards de F CFA) au motif qu’il y a eu fraude et que le marché ne s’est pas passé dans les bonnes conditions. Selon le rapport, la Banque européenne d’investissement (BEI) se dit prête à recourir à la voie judiciaire pour récupérer sa mise.
L’on se souvient que ce sont quatre confrères de la place : Info-Matin, Les Echos, Le Scorpion et Le Républicain qui avaient révélé l’affaire, démenti par d’autres confrères mais confirmée par l’intéressé lui-même. A l’époque, Ahmed Sow, entre-temps devenu ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau, sans nier les faits, avait rassuré les Maliens en disant : « Je ne suis actionnaire dans aucune société ».
Mais, selon le « Financial Times » du 25 avril 2008, M. Sow aurait « favorisé des entreprises dans l’attribution de subventions du CDE, entreprises dans lesquelles il serait actionnaire ».

Pour revenir aux faits, l’Olaf a ouvert en décembre 2006 une enquête à l’encontre de plusieurs membres du CDE dont son directeur sortant, le Malien Ahmed Sow, qu’il soupçonne d’avoir détourné plusieurs millions d’euros ; « favorisé l’attribution de subventions par le Centre à des entreprises » ; pris des intérêts illégalement dans certaines entreprises. Information révélée en son temps par la presse britannique.

L’enquête de l’Olaf a été déclenchée après que la Commission européenne lui eut fait part de ses soupçons. Dans l’attente du résultat des investigations, à part les montants destinés au fonctionnement de base du Centre, la Commission a décidé de geler le budget du CDE.

Dans le cadre de cette affaire, l’Olaf qui a « ouvert un dossier d’enquête en décembre 2006, après avoir reçu des allégations de conflit d’intérêts, à charge du directeur du Centre pour le développement de l’entreprise (CDE), M. Ahmed Sow » et « afin de permettre à l’Olaf de vérifier si certaines allégations faites à charge de M. Sow sont fondées, des démarches devraient être effectuées au Mali, auprès de notaires en particulier, qui seraient dépositaires d’actes aux termes desquels M. Sow aurait acquis des participations commerciales ou aurait conclu des accords secrets avec un ou plusieurs citoyens maliens, aux mêmes fins », a demandé l’assistance du gouvernement malien.

Selon notre confrère du Financial Times du 25 avril dernier, à la suite d’une investigation de fraude, la Banque européenne d’investigation (BEI) et la Commission européenne ont confirmé le 24 avril qu’ils cherchaient à recouvrer les fonds alloués à Fitina. « Nous cherchons à porter l’affaire à la justice au Mali et en France », a même dit à notre confrère une porte-parole de la BEI, qui ajoute : « l’Olaf a conclu ses investigations ce mois et a recommandé qu’à cause d’irrégularités, le CDE et la BEI doivent chercher à recouvrer l’argent. Europaid discute avec les services juridiques de la Commission européenne » pour voir la suite à donner à l’affaire.

Autant dire que ce n’est pas encore l’épilogue. Bien au contraire !

Alexis Kalambry

28 avril 2008