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Au moment où les tires se croisent sur Ahmed Sow, ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau par rapport à une prétendue mauvaise gestion du Centre de Développement de l’Entreprise (CDE) montée de toute pièce par un britannique, le bureau national de la Jeunesse du Mouvement Citoyen lève le ton pour dire que notre compatriote ne mérite pas ça.

Après avoir entendu Ahmed Sow lui-même qui s’est longuement expliqué sur ladite affaire le 4 mai 2008, la Jeunesse du Mouvement Citoyen (JMC) a décidé de faire bloc derrière le ministre Sow. Voilà un bel exemple de patriotisme qui mérite d’être suivi par d’autres Maliens car, Ahmed Sow est victime d’une calomnie parce qu’il aime le Mali et les Maliens de la part d’un ressortissant britannique qu’il a limogé pour cause d’incompétence.


Relance des activités de la jeunesse du mouvement citoyen

Dans le cadre de la relance de ses activités, le bureau national de la Jeunesse du Mouvement Citoyen (JMC) a organisé le week-end dernier au Centre International de Conférences de Bamako deux activités majeures : Un meeting de soutien au président Amadou Toumani Touré (ATT) le samedi 3 mai et une conférence-débats le dimanche 4 mai dont le thème portait sur la participation à la mise en oeuvre du Projet de Développement Economique et Social (PDES), sur la base duquel ATT a été réélu le 29 avril 2007.

Le principal animateur de la conférence-débats était M. Ahmed Sow, considéré comme étant l’éminence grise du PDES et actuel ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau. Dans l’exposé fait par le ministre Sow, il a été question du volet lutte contre la corruption et la délinquance financière du PDES.

La conférence-débats a enregistré la présence de trois membres du gouvernement : Ahmed Sow lui-même, Ahmed Diane Séméga, ministre de l’Equipement et des Transports et Hamane Niang, ministre de la Jeunesse et des Sports.

Historique de l’affaire Ahmed Sow

Depuis quelque temps, l’Office Européen de Lutte contre la Fraude (OLAF), un organe de la Commission de l’Union Européenne a initié une enquête à l’encontre de M. Ahmed Sow, actuel ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, et précédemment Directeur du Centre pour le Développement de l’Entreprise (CDE), une institution du groupe des Etats Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) et de l’Union Européenne (UE) dans le cadre de l’Accord de Cotonou.

Pour couper court aux rumeurs, le gouvernement du Premier ministre Modibo Sidibé, animé par un souci de transparence et de clarification, a rencontré les journalistes le vendredi 2 novembre 2007 à la Maison de la Presse du Mali pour préciser un certain nombre de faits et par la même occasion répondre aux interrogations des journalistes sur cette affaire.

Le point de presse était animé par Ahmed Sow lui même et Mme Diabaté Fatoumata Guindo, ministre Chargée des Relations avec les Institutions de la République et porte-parole du Gouvernement. De quoi il s’agit?

Les précisions du Gouvernement

A la faveur du point de presse du 2 novembre dernier, le gouvernement malien a effectivement confirmé l’ouverture d’une enquête administrative concernant la gestion du Centre de Développement de l’Entréprise par son ex-Directeur M. Ahmed Sow, aujourd’hui ministre, suite à des allégations de conflits d’intérêts.

“Dans le cadre de cette enquête, l’OLAF a souhaité procéder à des vérifications à Bamako avec l’assistance des autorités maliennes. A cet effet, il a saisi le gouvernement du Mali, qui, par souci de transparence, en a accepté le principe et s’est dit disposé à accorder à l’équipe d’enquêteurs l’assistance nécessaire pour le bon déroulement de l’enquête.

Le gouvernement en a informé le Chef de la Délégation de l’Union Européenne au Mali. Le ministre de la Justice Garde des Sceaux, a été chargé d’organiser l’assistance sollicitée. A ce jour, toutes les dispositions sont prises afin que l’enquête se déroule dans la transparence requise mais aussi dans le respect des principes régissant la présomption d’innocence”, précise la déclaration du Gouvernement en date du 1er novembre 2007.


Ahmed sow , Victime de sa bonne foi

Après explication et analyse de la situation, il est aisé de comprendre que Ahmed Sow est victime de sa bonne foi. En tant que directeur du CDE, donc fonctionnaire international d’une institution du groupe ACP-UE, Ahmed Sow bénéficiait d’un statu diplomatique. A l’image d’autres institutions internationales, les locaux du CDE situés à Bruxelles dans la capitale Belge sont inviolables.

Ahmed Sow pouvait donc se prevaloire de ce statut juridique pour refuser de se soumettre aux interrogations des enquêteurs. “Je n’ai rien à me reprocher, c’est pourquoi j’ai permis cette enquête”, a-t-il affirmé.

Les fondements d’un soupçon

Les soupçons de l’OLAF sont fondés sur les simples allégations de dénonciation du chef service informatique du CDE d’origine anglaise accusant M. Sow d’avoir accordé des faveurs à des entreprises maliennes et sénégalaises dont lui-même serait actionnaire.

Il s’agit là ni plus ni moins que d’un conflit d’intérêts au goût d’un règlement de comptes, car, le chef service informatique, auteur de l’intox avait été relevé de ses fonctions pour faute professionnelle grave en avril 2006 par Ahmed Sow, alors Directeur du CDE.

En effet, le Centre pour le Développement de l’Entréprise (CDE) a entrepris un programme de modernisation de son réseau informatique pour plus de sécurité et d’efficacité à hauteur de plus de 1 350 000 euros. Une année après le déblocage des fonds destinés à ce programme, rien n’a pu se faire selon Ahmed Sow.

Un expert indépendant a été commis pour faire le diagnostic évaluation dudit programme. C’est juste après cette évaluation que le Directeur a décidé de limoger le chef service informatique, un certain Térrance de nationalité britannique pour insuffisance de résultat.

Non content d’être relevé, l’ex-chef informatique du CDE s’est versé dans l’intoxication contre Ahmed Sow. En décembre 2006, Terrance a adressé une correspondance à la direction du CDE accusant Ahmed Sow de vouloir accorder plusieurs faveurs aux entreprises FITINA-SA et SOCEM au Mali et au cabinet PMC au Sénégal.

Pour soutenir ses accusations, il a dit que M. Sow serait actionnaire dans ces entreprises. C’est sur la base de ces dénonciations que l’Office Européen de Lutte contre la Fraude (OLAF) a initié l’enquête. Plus de 6 mois après l’enquête n’a rien revélé.

« Le mali peut etre fier da ma gestion »

Les allégations du chef service informatique, objet de l’enquête contre Ahmed Sow sont en porte-à-faux avec le communiqué du conseil d’administration du CDE du 27 juin 2007. C’est à la faveur de ce conseil d’administration que M. Sow démissionna au CDE le 26 juin pour se mettre à la disposition de son pays d’origine, le Mali. Le conseil d’administration a adressé au Dr. Ahmed Sow ses sincères remerciements pour les réformes et la modernisation qu’il a initiées au cours des deux ans et demi passées à la tête de l’institution.

Le conseil d’administration du CDE reconnait en Ahmed Sow trois qualités essentiels: un homme engagé; des qualités managériales; un visionnaire.

Les qualités managériales, la vision et l’engagement du Dr. Sow ont permis d’amorcer l’amélioration de la productivité du CDE permettant ainsi au centre d’engager la totalité de son budget opérationnel dès juillet 2006, de réduire les coûts de fonctionnement, ce qui a permis d’améliorer le ratio opérationnel du centre, d’établir des procédures standarisées (avec l’obtention et le maintien de la certification ISO) et transparentes, pour ne prendre que quelques exemples”, conclut le communiqué du Conseil d’Administration du CDE du 27 juin 2007.

En commentant le contenu du communiqué du Conseil d’Administration, Ahmed Sow lui-même a affirmé que le Mali peut être fier de sa gestion du CDE.

En 24 ans passés hors du Mali en tant que fonctionnaire international, Ahmed Sow a consacré 15 ans au service du CDE. Il a franchi tous les échelons. En 2004, 2000 candidatures ont été enregistrées au poste de Directeur du CDE dont celle de Ahmed Sow.

Sur ces 2000 candidatures, 12 ont été sélectionnées et au finish Ahmed Sow est arrivé 1er. A son retour, en 2007, il fut associé à la rédaction du Projet de Développement Economique et Social (PDES) du président Amadou Toumani Touré.


Le sens du soutien de la Jmc au ministre Sow

La Jeunesse du Mouvement Citoyen argumente que son soutien à Ahmed Sow est dû au fait qu’il est avant tout un cadre du pays qui a longtemps travaillé hors du Mali pendant plus de 20 ans. C’est volontairement qu’il a décidé de rentrer au bercail pour se mettre à la disposition de son pays.

Et ATT, dans son PDES, ne demande pas plus que ça. Il a placé les Maliens de l’extérieur au coeur du développement du Mali. Si les Maliens de l’intérieur ne soutiennent pas les quelques rares cadres qui décident de rentrer, ceux qui ont la volonté de retourner au bercail pourraient y renoncer sous prétexte qu’ils ne seront pas aimés par ceux de l’intérieur.

Voilà le sens du soutien du bureau national de la Jeunesse du Mouvement Citoyen au ministre Ahmed Sow.


Daba Balla KEITA

07 Mai 2008