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Le résultat de l’autopsie atteste que le vieux Mamadou Fofana est mort à la suite d’une hypertension. Qu’à cela ne tienne ! Les parents, décident de porter plainte contre la gendarmerie pour arrestation abusive de leur père.

A titre de rappel, deux éléments de la brigade de gendarmerie d’investigation et de Recherche de Kati ont arrêté nuitamment le 1er aout 2015 à Dialakorodji et aux environs de 21 heures, trois individus. Un des appelés, Mamadou Fofana âgé de 70 ans est décédé en chemin aux mains de ses interpellateurs. Au moment de son arrestation, il a déclaré sa maladie devant témoins et même exhibé le traitement médical qu’il suivait. Il fut, malgré tout embarqué par les Gendarmes. Ce, suite à une plainte très discutable d’une femme, pour spéculation foncière.

Suite à son décès, ses ayants-droits exigèrent une autopsie
C’est finalement le lundi 31 aout 2015 que cette opération a eu lieu à l’hôpital Gabriel Touré où ces gendarmes avaient déposé le corps, en présence des parents de la victime et leur avocat, Me Hyacinthe Koné.
Un mois après le décès (Samedi, 1er aout –lundi, 31 aout 2015) trois médecins ont été autorisés par le procureur de la République Daniel Tessogué à mener l’autopsie. Et les obsèques sont intervenues le lendemain, Mardi 1er Septembre 2015 à Banconi Plateau. Le vieux Mamadou Fofana repose au cimetière de Sotuba.

Une interpellation abusive selon les parents de la victime
Mais que reproche-t-on au vieux Fofana ? Le défunt avait vendu une Parcelle à une dame répondant au de Mme Tangara Fatoumata Dabo. Cette dernière a estimé plus tard que le lot en question ne lui convenait pas. C’est donc à une plainte de celle-ci que deux gendarmes sont allés cueillir le vieux à domicile et au-delà de 21 H.
A signaler qu’ils étaient trois personnes interpelées. Il s’agit de Dianguiné, d’Abdoulaye Maïga, et Mamadou Fofana dit « Kakolokè ».
Au moment son arrestation, le vieux Fofana a évoqué son état de santé aux gendarmes. Rien n’y fit. Ils l’embarquèrent. Et il trouva la mort.
Nous avions joint les deux autres interpellés après qu’une liberté provisoire leur ait été accordée.
Voici le témoignage de l’un d’entre eux, M. Abdoulaye Maïga : «Ce sont bien deux gendarmes de la brigade investigation et de Recherche de Kati qui sont venues me chercher dans la nuit du samedi 1er aout 2015 aux environs de 21 heures. Ils avaient déjà arrêté Dianguiné et étaient accompagnés de Mme Tangara Fatoumata Dabo. Les deux gendarmes s’appellent respectivement Abdoulaye et Dicko. Ils m’ont montré un papier disant que c’est un mandat d’amener émanant du procureur de Kati. Je leur ai rappelé l’heure (21H passées). Ils m’ont amené quand même. Donc nous nous sommes retrouvés chez le vieux Fofana qui était dans la famille de son ami Sala Coulibaly».

Et l’orateur confirme ce que le vieux Mamadou Fofana a dit :
« Il a parlé en ces termes : « vraiment, je ne peux pas partir tout de suite parce que je suis malade. Moi qui suis le propriétaire de la parcelle, je vous trouverai demain à la gendarmerie. Et son ami Sala Coulibaly aussi a renchéri que Fafana est un vieux très connu et conscient …laissez-le, il ira vous répondre demain matin à la gendarmerie. Refus net ! Ils (gendarmes) l’amenèrent.
Et il mourut dans le véhicule. C’est au niveau parc géologique national que les gendarmes soupçonnèrent la mort du vieux et retournèrent vers l’hôpital Gabriel Touré. Arrivée là, le médecin confirma que le décès. Ils laissèrent là la dépouille et poursuivirent leur route avec nous jusqu’à brigade d’investigation de Kati. Le lendemain dimanche, ils nous conduisirent à la prison centrale de Bamako pendant 37 jours. Finalement nous avons payé 75. 000F chacun pour avoir la liberté provisoire».
Signalons qu’encore à l’heure actuelle, la présumée plaignante Mme Tangara Fatoumata Dabo est portée disparue. Sa seule plainte est que le lot en question ne lui convenait pas. Elle exigea une autre parcelle ou le remboursement de son argent.
A suivre…

Saba Ballo

La Sentinelle du 26 Novembre 2015