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Sans pour autant apporter les clarifications et une position tranchée que l’opinion est en droit d’attendre du premier responsable de la nation en pareilles circonstance.

«Je suis profondément meurtri», a déclaré Amadou Toumani Touré d’entrée de jeu, en abordant une question qu’il dit considérer comme un malentendu entre employeur et employé, ni plus ni moins.

Et le chef de l’État de poursuivre, parlant de l’illustre prisonnier du Tribunal de Première Instance de la C. IV, qu’il n’a pris connaissance de son arrestation qu’aux portes de la prison. «J’ai tout fait pour ne pas dormir parce qu’il ne pouvait lui-même dormir en prison», a expliqué l’interlocuteur prisée de la presse, qui a profité de l’occasion pour rappeler qu’un décret émanant de sa personne a été du reste annulé dans les vagues de la même affaire : «J’ai signé un décret qui a été attaqué mais je respecte la justice de mon pays». Une façon de conforter les tenants d’une inculpation de Sidi Sosso Diarra pour «opposition à l’autorité légitime» ?


Au cours de son intervention
visiblement motivée par un besoin de battre en brèche les présomptions de liquidation d’une gênante structure anti-corruption, le locataire de Koulouba s’est particulièrement appesanti sur une volonté politique intacte depuis la création du BVG, volonté dont la sincérité lui paraît pour le moins manifeste dans l’accompagnement de ladite structure par un budget annuel assez significatif.

En termes de dotation budgétaire, le Bureau se place immédiatement après l’Assemblée Nationale et la Primature, a fait remarquer ATT, en reconnaissant également la contribution conséquente des services de Sidi Sosso Diarra à la récupération de manques à gagner pour le trésor public.

«Nous avons constaté une nette amélioration», a déclaré le chef de l’État, laissant entendre que la paternité de la structure et les satisfactions qu’elle procure constituent des motifs valables pour la protéger becs et ongles. «Le BVG restera ; je le soutiendrai contre vents et marées parce que c’est ma vision» , a solennellement déclaré le président de la République sans lever pour autant la moindre équivoque sur la question fondamentale.

Tout au long de sa sortie occasionnelle, en effet, le premier responsable de la nation s’est subtilement réservé de trancher et n’a guère fait mieux qu’une banalisation tacite du scandale qui continue de sidérer l’opinion.

Du reste, une nette distinction est par la même occasion faite entre le Végal et le BVG, comme pour dire que la structure lui tient beaucoup plus à cœur que le sort de son premier responsable, fusse-t-il une victime expiatoire de la toute-puissante justice.

«Je veux que mes frères s’entendent et qu’ils évitent de cultiver le doute et les interprétations tendancieuses», s’est-il contenté de conseiller, apparemment pour tenter de sauver l’image du pays qu’il reconnaît avoir pris un coup du triste épisode.


A. Keïta

Aurore du 09 Avril 2009