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La question que tout le monde se pose aujourd’hui a trait à la polémique entretenue par le président du COB; M. Moussa Konaté, depuis le transfert du joueur Amadou Sidibé à Auxerre, le 1er Septembre 2008.

En effet, après avoir passé 8 saisons au COB, le joueur Amadou Sidibé a été recruté par le Djoliba pour un montant d’environ 12 millions de FCFA, y compris ses salaires et primes et le montant donné au COB. Après une saison réussie au Djoliba, et sa chance aidant, il sera repéré par Auxerre qui a aussitôt saisi le Djoliba.

Un jour, j’étais dans mon bureau lorsque l’agent du joueur, Issa Traoré, m’a informé que Auxerre entend engager le joueur Amadou Sidibé immédiatement. C’était au mois de Décembre. Tout de suite, j’ai dit aux responsables d’Auxerre que je ne peux vendre le joueur, vu ses qualités et son apport et surtout, vu ce qui m’a coûté cette année, je souhaiterai attendre la fin de la saison. Pour moi, pas question de le lâcher, car le Djoliba est engagé sur trois fronts. C’est ainsi que j’ai informé le joueur et ses parents qui m’ont demandé de tout faire pour le laisser partir. Je les comprends, surtout quand on sait qu’on joue à l’amateurisme”, a déclaré Karounga Kéïta.

Rappelons que Amadou Sidibé a été transféré du COB au Djoliba pour un montant de 4 500 000 CFA ; et que 5 millions ont été donnés au joueur.
En plus d’un salaire de 100 000 FCFA par mois, le joueur bénéficie des primes de matches nationaux (30 000 FCFA) et de 200 000, voire 250 000 FCFA sur les compétitions internationales.

Finalement, sous la pression des parents du joueur, et avec l’envie du joueur d’aller au professionnalisme, les responsables du Djoliba ont accepté de céder, avec l’ouverture des négociations sur le montant du contrat. “J’ai immédiatement saisi le manager du joueur d’informer Auxerre de notre acceptation. C’est ainsi qu’on nous a proposé 120 000 euros. Mais j’ai refusé, et j’avais proposé 300 000 euros. Cela s’était déroulé en Décembre 2007” , a souligné Kéké.

C’est au mois d’Août 2008 -soit le 31 Août2008- que Auxerre a relancé l’affaire. “J’étais en circulation lorsque le président d’Auxerre m’a appelé au téléphone pour me demander de venir avec le joueur. Je lui ai répondu que la date de signature des contrats est close ; et il m’a dit que cela a été prolongé jusqu’au 1er Septembre 2008 à 13 heures C’est ainsi que je me suis déplacé avec le joueur le dimanche ; et après discusions, on est convenu sur les 175 000 euros”, a-t-il précisé.

Et de poursuivre : “Quand on me dit que j’ai bradé le joueur, c’est vraiment déplorable de la part des responsables. J’ai payé un joueur à 12 millions ; et je l’ai vendu à 115 millions. Vraiment, je ne sais pas dans quel pays du monde un commerçant refuserait de céder à cela”.

Karounga Keïta ne comprend pas les agissements de Moussa Konaté, depuis le début de cette affaire. “Je ne voulais pas faire cette conférence de presse que je considère comme un point de presse. Je déplore les mots discourtois de Moussa ; et surtout, de M. Fassé, à mon égard. Je ne suis pas venu au football pour me faire des ennemis, mais plutôt des amis. Rien ne peut nous empêcher de s’entendre entre nous, à moins que Moussa Konaté ait des idées derrière la tête”, a martélé Kéké.

Les allégations de Moussa Konaté mises à nu

Lors de la conférence de presse animée par le duo Moussa Konaté-Mamadou Fané, ces deux responsables avaient évoqué des frais d’indemnité de formation dus au club formateur, ainsi que le cas de Alfousseyni Keïta vendu à Le Mans (France) l’année dernière.

Pour Kéké, le règlement FIFA en la matière a été mal interprété par Mousa Konaté. Ainsi, il dira que l’indemnité de formation est de 2000 dollars par saison de formation dans les zones CAF (Afrique), AFC, CONCACAF (zone Amérique Latine et du Sud), CONMEBOL, OFC (zone Orient et Asie). Et que dans la zone UEFA, le montant est de 10 000 euros.

C’est l’esprit sportif du règlement FIFA qui manque aux responsables du COB. Avant de m’engager dans la signature du contrat, Auxerre m’a expliqué que les frais d’indemnité de formation sont de 2000 dollars par saison de formation. Mais avant, je possède un doctorat d’état en Droit. J’ai été joueur professionnel à Bordeaux, 18 ans de carrière dans les plus hauts sommets du football, et je ne suis pas novice dans la vente des joueurs”, a-t-il indiqué.

Karounga Keïta est formel : s’il s’agit des joueurs issus des pays où le football amateur est pratiqué, les frais sont de 2000 dollars. “Cette loi a été faite pour que les grands clubs possédant de gros moyens, notamment européens, puissent aider les petits clubs, c’est-à-dire en Afrique, au Brésil, en Asie ou en Océanie. Je suis convaincu que la FIFA ne va jamais accepter ,dans un football amateur, qu’un club puisse payer plus de 300 millions à un autre club. C’est vraiment ridicule. Il faut être encensé”, a déclaré le président du Djoliba, très serein.

Rappelons que Moussa Konaté avait exigé 380 millions comme frais d’indemnité de formation. A défaut de cela, 80% du montant du transfert, soit 92 millions de FCFA.

Quant au cas Alfousseyni Keïta, Moussa Konaté accuse Karounga Keïta de faire croire aux responsables de Le Mans que le joueur n’est pas à son premier contrat professionnel. Refutant ces allégations d’un revers de la main, Kéké a présenté une copie de la lettre envoyée à Le Mans (lettre de contrat lue par un confrère) où il n’a jamais été mentionné le mot professionnel.

Comment un responsable peut-il inventer des choses pareilles? C’est une diffamation calomnieuse pure et simple à mon égard et au Djoliba. En plus de cela, tous les courriers et lettres du COB au Djoliba sont truffés d’insultes grossières à mon égard. Ce que je ne suis jamais arrivé à comprendre jusqu’à présent”, s’est-il étonné.

Le président du Djoliba, selon lui, n’a jamais nié avoir refusé de payer les frais d’indemnités de formation. “Comment voulez-vous que je paye 380 millions, alors que le joueur a été cédé à 115 millions, sachant que j’ai mis 12 millions pour l’avoir du COB? C’est vraiment aberrant. C’est partant des 2000 dollars que j’ai calculé, ce qui fait 6 millions et plus, pour les 8 saisons passées pour Amadou Sidibé au COB”, a-t-il expliqué.

Kéké est revenu sur le fait que le joueur a été bradé. Pour lui, les responsables du COB ignorent le sens du mot. “Pour moi, brader quelque chose, c’est la jeter par la fenêtre, dans le fleuve, pour que les poissons ou autres animaux aquatiques s’en régalent.

J’ai payé quelque chose à 12 millions, et je l’ai vendu à 115 millions, moins les 25%. Moi, je dis que j’ai gagné, car je m’en sors avec 80 millions environ. Si moi j’ai bradé Amadou Sidibé à 115 millions, eux qui ont vendu Daouda Diakité “Darou” à une équipe de 4e division française à 5 millions, que dire de cela.? Seulement que Darou a été mis aux enchères. Pourtant, je n’ai rien demandé de lui”, a-t-il révélé.


L’esprit sportif doit toujours prévaloir

J’ai toujours dit à Moussa d’éviter les tribunaux,et que cela doit s’arranger entre nous. Même si chacun défend ses intérêts du club, il ne sert à rien d’aller devant la FIFA. Mais il n’a pas voulu comprendre. Pour moi, quelles que soient les difficultés entre responsables sportifs, l’esprit sportif doit prévaloir”, a déclaré Kéké.

Le même cas s’est déroulé cette année. En effet, un joueur du Djoliba, Bassirou Dembélé, a été transféré l’année dernière au CSK, et a été cédé cette année au PSG. Connaissant le montant du transfert, les responsables du Djoliba n’ont pas posé de problème et ont accepté de prendre les 6 millions comme frais d’indemnité de formation. “Tout ce qui compte pour moi ,c’est l’intérêt du joueur et du football malien, car si le joueur parvient à s’aguerrir, il sera profitable aux Aigles”, a-t-il ajouté.


Les raisons d’une telle “haine” ?

Même si Karounga Keïta refuse de reconnaître cet état de fait -sur les raisons d’une telle “haine” de Moussa à son égard-, force est de reconnaître que tout est parti de 2005, lorsque Moussa Konaté a sollicité la voix du Djoliba pour succéder à Tidiane Niambélé, démissionnaire. “Après la démission de Tidiane Niambélé, Moussa est venu me voir pour solliciter la voix du Djoliba. Mais je leur ai dit que je me suis déjà engagé avec Salif Keita. En homme de principe, je ne voulais pas me dédire”, a-t-il révélé.

Et depuis lors, ce fut une guerre ouverte entre ces deux responsables qui se regardaient en chiens de faïence. Ce qui a poussé Moussa Konaté à rejoindre le camp amené par Mahamadou Samaké du Stade malien de Bamako, Hammadoun Kila Cissé et du Nianan à l’époque, lors du conseil extraordinaire de la FEMAFOOT en Avril 2006 à Ségou.

Selon Kéké, au moment où une 2è rencontre avait été prévue, les responsables du COB ont tenu leur conférence de presse, uniquement pour le traiter de tous les mots. Il a tenu à rappeler que le Djoliba avait entretenu de bonnes relations avec le COB. Ainsi, des joueurs du Djoliba avaient été cédés à crédit au COB, tels que Bengué, Alou Badara Diakité et Seydou Sacko. Et que grâce à son aide, le joueur Kalilou Doumbia (à l’époque au COB) avait été vendu à l’extérieur.

De quel droit se permet Mamadou Fané pour me diffamer quand il dit que j’ai caché le manager du joueur Amadou Sidibé? J’ai été cadre de ce pays pendant 25 ans à la BIAO. J’ai été international malien avec les Aigles, professionnel à Bordeaux, 18 ans comme entraîneur au Djoliba et à l’équipe nationale. Et je suis président du plus grand club actuel du Mali, et surtout, je continue à percevoir mes indemnités de joueur professionnel et de retraite de fonctionnaire. Moi, je n’ai pas besoin de voler. Mieux, lui qui parle, je ne l’ai jamais connu en tant que joueur, à moins qu’il ne soit médiocre ou un remplaçant de luxe. C’est dommage”, a déclaré Karounga Keïta toujours calme et serein.

Et un autre responsable, d’enchaîner : “On a connu Mamadou Fané du fait de son passage éphémère comme ministre des Sports en son temps”.
Espérons seulement qu’un terrain d’entente sera trouvé entre les deux parties, pour le bonheur du football malien.

Sadou BOCOUM

24 Octobre 2008