Partager


Le maire du district comparaîtra le vendredi prochain devant le Tribunal du commerce de Bamako en lieu et place de l’administrateur gérant, Nanian Sanogo, assigné en justice par l’Association « Yérèdèmè Ton  » dans l’affaire de vente du passage piéton du Marché rose.

l’Association des commerçants détaillants du Marché Rose « Yérèdèmè Ton » a assigné en justice l’administrateur gérant, Nanian Sanogo, accusé d’avoir vendu à des tiers, le 20 octobre 2008, le passage piéton de la rue Faidherbe. Dans le plan de construction du Marché rose, chaque rangée de 8 boutiques est séparée par un passage piéton qui sert en même temps d’issue pour les clients et de voies d’évacuation pour les services de la protection civile en cas de catastrophe. Le passage piéton, qui relie aussi cette partie du Marché rosé au Dabanani, est par ce fait même interdit d’occupation et même de morcellement.

L’administrateur gérant n’a pas daigné se présenter à l’audience de lundi dernier. Il n’était pas non plus représenté par un conseil. L’avocat des demandeurs, Me Modibo Sylla, a expliqué devant le président du Tribunal du commerce de Bamako, Fatogoman Théra, que M. Sanogo a refusé de prendre la citation avec l’huissier.

Le président Théra qui a puisé dans ses cours de droit administratif ou par bon sens, a affirmé que « l’administrateur gérant n’est qu’un exécutant dans cette affaire. Puisque qu’il est sous la tutelle d’une autorité administrative qui n’est autre que la mairie du district de Bamako. Pourquoi ne pas interpeller celle-ci ? », s’est-il interrogé.
Comparution forcée

Le président de « Yérédèmè Ton », Gaoussou Coulibaly dit Djéry et son avocat, Me Sylla, ont répondu à leur tour que c’est l’administrateur qu’ils ont vu nuitamment avec des gens et qu’il était fréquemment sur le chantier avec des policiers pour empêcher toute perturbation des travaux. Djéry a ajouté qu’ils ont cherché à rencontrer, sans succès, le maire du district Adama Sangaré.

En tout état de cause, le président du Tribunal du commerce a indiqué que « M. Sanago ne répondra de rien et que toute décision à son encontre serait nul et de nul effet ». L’audience a été levée sur la décision portant comparution forcée du maire du district, Adama Sangaré. L’audience a été renvoyée à vendredi prochain.

Les commerçants détaillants avaient pris d’assaut la petite salle d’audience du Tribunal de commerce à l’Hippodrome. Ils réclamaient justice et craignaient pour leur vie. Selon eux, « ils sont dans une poudrière et en cas de pépin, le danger serait imminent parce qu’il n’y a plus d’issues d’évacuation ». Le doigt est pointé sur Adama Sangaré « d’avoir vendu la parcelle à environ 30 millions de F CFA ». Selon des informations, les 1er et 2e adjoints, saisis par « Yérédèmè Ton », disent n’être au courant de rien.


Des vandales présumés

Le commissariat du 1er arrondissement a interpellé le lundi après-midi des commerçants détaillants. Ces derniers, au nombre de 25 personnes, sont accusés d’actes de vandalisme sur les magasins nouvellement construits. Les personnes arrêtées, sur dénonciation du propriétaire des magasins, ont été aussitôt libérées après leur audition. Elles restent néanmoins placées sous contrôle policier.

Abdrahamane Dicko

19 Novembre 2008