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Un litige foncier défraie la chronique entre syndicat des travailleurs du Laboratoire centrale vétérinaire (LCV) et les populations de Sotuba village.
D’une superficie de 17 hectares, ladite parcelle est comprise entre LCV (côté ouest) et village de Sotuba et les rails.

Les notabilités de Sotuba ne comprennent pas et s’interrogent sur les agitations, voire les accusations des responsables syndicaux du LCV qui les accusent de spéculation foncière autour d’une parcelle dont le titre foncier leur a été délivré légalement par le Conseil des ministres pour servir de zone de recasement.

La sortie médiatique à travers une conférence de presse suivie d’une grève de 48 heures du syndicat des travailleurs du LCV a ravivé la tension entre les responsables de ce service et les populations de Sotuba. Les agissements des syndicalistes du LCV font suite aux travaux entamés sur le site du recasement contigu à la cour de leur service.

Cet espace de 17 hectares, objet du différend, est immatriculé au titre foncier n°5627 et fait partie intégrante du plan d’urbanisme sectoriel de la Commune I du district de Bamako approuvé par décret n°02-1156P-RM du 18 janvier 2002.

Sur les 61 hectares prévus par le plan pour le recasement de l’ensemble des populations touchées par le lotissement et les travaux de l’EDM-SA, 17 hectare ont été affectés, en 2004 par les autorités compétentes. C’est en 2007 que la liste définitive des familles bénéficiaires a pu être arrêtée et les permis d’occuper donnés aux personnes concernées.

Mais voilà que le syndicat du LCV n’entend pas de cette oreille et veut s’opposer, à tout prix à la construction du site pour des raisons inavouées.

En effet, comment peut-on comprendre que le LCV ne détenant aucun titre, ni le moindre document relatif à cet endroit, peut en revendiquer la paternité alors que son espace est bien délimité par une longue clôture.

Comment peut on comprendre que le syndicat argumente que la zone est un lieu à risque alors que ses responsables souhaitent, en même temps, la donner en même temps aux travailleurs ? Voilà des interrogations qui font douter les résidents de Sotuba des motifs réels de l’attitude du syndicat. Mamoutou Sidibé, conseiller du chef du village de Sotuba, est formel :  » il n’y a pas de litige foncier.

Le syndicat n’a aucune base juridique pour réclamer la parcelle. Il l’a même reconnu lors du point de presse qu’il a animé. La parcelle nous a été donnée par le gouvernement et nous l’avons morcelée pour recaser les déguerpis. Déjà, 567 sur les 683 familles ont eu leur permis d’occuper et peuvent se mettre au travail.

En plus du marché, nous avons prévu des parcelles pour d’autres équipements collectifs ». Un autre conseiller renchérit, « le syndicat réclame pour ses propres intérêts et non pour une question de risque. Ces responsables veulent entraîner l’Etat dans conflit social qui ne vaut pas la peine.

Nous avons fait tout le morcellement avec la mairie de la commune I. Cela veut dire que c’est un travail fait légalement. D’ailleurs, il faut être franc, cette affaire n’est même pas un problème syndical. Je crois que le comportement du syndicat est un manquement à l’Etat qui a les moyens pour défendre sa propriété foncière ».

Au mois de mars, les ministres en charge de la question s’étaient rendus sur le terrain : le ministre de l’Administration territoriale et des collectivités locales, celui du Logement, des affaires foncières et de l’urbanisme et celui de l’Elevage et de la pêche.

Selon une source proche du département en charge des affaires foncières, les conclusions des concertations sont attendues bientôt.

Mais, la même source confirme que la parcelle a été donnée pour le recasement et que jusqu’à preuve du contraire elle ne peut être utilisée qu’à cette fin.

Yousouf CAMARA

25 Avril 2008