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Inquiets face à leur séjour en prison qui est en train de s’éterniser sans que ne se profile aucun espoir de mise en liberté provisoire, certains cadres et agents de la Santé écroués à la Maison centrale d’arrêt de Bamako, depuis le mois d’août 2010, ont, devant des parents partis leur rendre visite, souhaité une confrontation entre tous les acteurs, y compris avec leur ancien ministre Oumar Ibrahima Touré, afin de faire éclater toute la vérité. Lors de la cérémonie de présentation des vœux de la presse, ATT avait bien dit que son ancien ministre de la Santé, Oumar Ibrahima Touré, avait « volontairement démissionné » afin de se mettre « éventuellement » à la disposition de la justice. Certainement, c’est ce moment qu’attendraient ses anciens collaborateurs abonnés depuis quelques mois aux dures conditions de la prison. Beaucoup d’entre eux ne cessant, d’ailleurs, de clamer leur innocence.

C’est, certainement, cette justice que certains des cadres et agents de la Santé en prison attendent maintenant quelle se fasse. Avec l’inculpation, l’arrestation et la confrontation des uns et des autres dans le but de situer les responsabilités. Car voilà déjà quatre mois que des hauts responsables du département de la Santé sont emprisonnés à la Maison centrale d’arrêt de Bamako, suite à leur inculpation dans l’affaire de malversations et de détournement, à hauteur de 2 milliards FCFA, au détriment du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme du ministère de la Santé.

Las de cette situation inconfortable, certains d’entre ont dit espérer sur une éventuelle confrontation avec l’ancien ministre de la Santé, Oumar Ibrahima Touré, afin de prouver leur innocence devant la justice. Tel est, en tout cas, le vœu exprimé par certaines personnes écrouées, et cela devant des parents partis leur rendre visite à la prison centrale de Bamako.

Certains des fonctionnaires et opérateurs économiques arrêtés dans l’affaire du Fonds mondial craignent, en effet, d’être traînés dans la boue sur la base de faux dossiers montés, selon eux, de toutes pièces dans le but de les salir et de les compromettre. Ils croient avoir été tout simplement impliqués afin que  » l’arbre puisse cacher la forêt « , c’est-à-dire que ceux envoyés en prison puissent payer à la place d’autres, notamment des supérieurs hiérarchiques.

Certains parmi les personnes emprisonnées, se disent innocents et victimes de machination…de la part de la hiérarchie. D’où leur souhait de voir la justice procéder à une confrontation entre toutes les personnes impliquées dans cette affaire de corruption, de malversation et de détournement à grande échelle. Certaines personnes, actuellement en prison, disent avoir été sacrifiées, à travers leur arrestation, afin que l’affaire du Fonds mondial puisse être étouffée avant qu’elle n’atteigne le sommet de la pyramide. Comme c’est le cas actuellement avec la démission forcée du ministre de la Santé, Oumar Ibrahima Touré, intervenue le 5 décembre dernier sur pression du Fonds mondial qui est une institution des Nations Unies. Le Mali ne pouvant aucunement s’opposer à une telle pression.

Rappelons que ce sont une vingtaine de fonctionnaires du Département de la Santé, de la Direction générale des marchés publics et des opérateurs économiques qui ont été inculpés dans cette affaire qui porte, pour le moment, sur un détournement de 2 milliards FCFA au détriment du Fonds mondial logé au ministère de la Santé.

Parmi ceux-ci, on peut noter le Directeur administratif et financier du ministère de la Santé (DAF), Ousmane Diarra, la Coordinatrice du Programme national de lutte contre la tuberculose, Dr Diallo Halima Nako, de son adjoint Mohamed Berthé et de deux opérateurs économiques présumés coupables de marchés fictifs ou surfacturés que sont les sieurs Ba et Sow.

L’impression de certaines personnes emprisonnées, tel que cela nous été également rapporté par des visiteurs de la prison centrale, est que le refus de leur demande de liberté provisoire serait dû aux pressions extérieures qui auraient pignon sur rue dans cette affaire. C’est pourquoi, ils pensent qu’une confrontation entre l’ex-ministre de la Santé, son ancien DAF Ousmane Diarra et douze autres personnes inculpées et directement concernées par l’affaire, pourra jouer sur le sort des cadres et agents de moindre calibre. Qui, apparemment, se sont pris pour de simples exécuteurs d’ordres venus d’en-haut.

D’autre part, certains parmi les « prisonniers de la Santé » disent ne pas comprendre que des cadres, chefs de division ou de section, impliqués dans l’affaire des marchés fictifs ou surévalués continuent toujours à faire la pluie et le beau temps. Et cela en toute impunité.

Les personnes emprisonnées se demandent maintenant quel est leur secret ? Mieux vaut demander cela plutôt à la justice. Qui normalement ne fait jamais « deux poids deux mesures ». Sauf erreur ?

Mamadou FOFANA

07 Janvier 2011.