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La désormais tristement célèbre affaire des faux diplômes décelés dans la Fonction publique suite à une enquête menée par des agents du ministère de la Fonction Publique, de la Gouvernance et des Réformes Politiques et Administratives est sur toutes les lèvres.

Tout le monde salue la découverte de ces faux administratifs et souhaite par conséquent que le très teigneux ministre Mamadou Namory Traoré puisse aller jusqu’au bout de sa logique. L’affaire semble prendre une allure très sérieuse après la publication, la semaine dernière, de la liste de 148 titulaires de faux diplômes qui avaient intégré la Fonction publique malienne après s’être fait passer pour des contractuels de l’Etat et des collectivités territoriales. Leur décision d’intégration est désormais annulée. Ils redeviennent de simples contractuels.

Ils devront aussi prouver l’authenticité de leurs diplômes, sinon ils seront purement et simplement radiés et remplacés par des agents méritants. C’est pourquoi, du côté des nombreux jeunes diplômés sans emploi titulaires de vrais diplômes, on souhaite que le ministre Mamadou Namory Traoré aille jusqu’au bout. Il ne faudrait pas que cette affaire ait le goût d’inachevé auquel nous sommes habitués au Mali. Le ministre doit se départir des considérations sociales et politiques pour remettre un peu d’ordre et résoudre définitivement des actes qui ternissent l’image de notre Fonction publique depuis des années et sont à la base du désamour des jeunes diplômés envers celle-ci, tant les recrutements se faisaient de façon occulte.

Que se passe-t- il en réalité? L’affaire en cours concerne 2000 personnes, dans la Fonction publique de l’Etat et celle des collectivités territoriales, dont l’authenticité des diplômes est mise en cause. Sur ce nombre, le cas de 148 fonctionnaires est déjà avéré. Au départ, ces fraudeurs étaient des contractuels. Ils ont par la suite illégalement intégré la Fonction publique avec de faux diplômes. Certains sont même passés à une catégorie supérieure sans suivre la procédure normale en la matière. A titre d’exemple, il y en a qui sont passé de la catégorie C à la B et d’autres, de la catégorie B, qui ont été bombardés en A avec des faux diplômes venant de l’extérieur ou d’universités dont les diplômes ne sont reconnus ni par l’Etat malien ni par le CAMES.

Pour passer d’une catégorie inférieure à une supérieure, il faut remplir un certain nombre de conditions. En général, l’Etat accorde au fonctionnaire un congé de formation, à la fin duquel, avec son nouveau diplôme, il est reclassé. Des sources proches de la direction des Douanes nous rapportent que l’affaire y a pris des proportions démesurées. De simples agents de constatation auraient ainsi illégalement changé de catégorie.

D’où la colère de cet agent: «j’ai fait des études pour devenir Contrôleur des douanes. Comment quelqu’un qui a abandonné les études et sert comme chauffeur peut-il de rien devenir Contrôleur au même titre que moi? Dans ce cas, à quoi auront servi mes études? Ce n’est vraiment pas sérieux. C’est très grave. Vous savez, il y a plusieurs douaniers qui sont cette situation. C’est pourquoi nous saluons cette initiative du ministre et nous espérons qu’il aille jusqu’au bout». Les fraudeurs seront désormais rétrogradés. Le ministère leur accorde un droit de recours afin qu’ils prouvent l’authenticité de leurs diplômes, faute de quoi ils seront radiés. A suivre.

Youssouf Diallo

22 Septembre du 25 Juin 2012