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Affaire des exécutions et disparitions de militaires : Un proche du général Sanogo, le capitaine Issa Tangara, arrêté par la gendarmerie

Le capitaine Issa Tangara, qui passe pour être l’un des éléments les plus sûrs de la garde rapprochée du Général Amadou Haya Sanogo, a été arrêté la semaine dernière par la gendarmerie et écroué au camp I.

Selon toute vraisemblance cette arrestation a un lien avec les exécutions et disparitions de militaires consécutives à la mutinerie du 30 septembre 2013 au camp de Kati.

Laquelle visait prioritairement le Général Sanogo à qui les mutins reprochaient d’avoir tiré avantage du coup d’Etat de mars 2012 pour lui-même et ses proches en oubliant les véritables acteurs du renversement violent du régime ATT.

K. THERA


La nouvelle de l’arrestation de Sanogo, un ballon d’essai ?

Dans le contexte décrit ci-haut, la nouvelle de l’arrestation du Général, qui a abondamment circulé le week-end, prend toute l’allure d’un ballon d’essai, c’est-à-dire une manœuvre visant à tâter le pouls dans les casernes et plus largement l’opinion nationale.

Quelle conclusion en ont tiré ceux qui ont initié cette manœuvre si c’en est une ? Le futur nous édifiera.

Le Général Amadou Haya Sanogo dans le collimateur des enquêteurs ?

L’arrestation d’un très proche collaborateur du Général Amadou Haya Sanogo sous le CNRDRE (ex-junte putschiste) puis le Comité de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité survient après la saisie par les militaires d’armes détenues au domicile de l’ex-chef de la junte dans le cadre de l’Opération Saniya. Lesquelles armes, a assuré le commandant Jean Elysé Dao, patron de ladite Opération, ont réintégré le dépôt d’armement du camp de Kati (voir L’Indépendant n° 3368 d’hier lundi 28 octobre 2013).

Ces deux éléments, mis ensemble, sont une indication claire que le Général Sanogo est bien dans le collimateur des enquêteurs.

Rassemblés par Kassoum THERA et Mamadou FOFANA


Le colonel Youssouf Traoré : mort ou en cavale ?

L’épouse du colonel Youssouf Traoré a lancé hier un cri de détresse sur RFI, la radio mondiale : son mari a disparu depuis le 30 septembre, date de la dernière mutinerie au camp de Kati.

Pour ceux qui ne le savent pas, le colonel Youssouf Traoré était l’un des hommes forts de l’ex-CNRDRE (la junte putschiste du 22 mars 2012). Il fut un temps le chef des « opérations spéciales « de cette structure, ce qui veut tout dire. Ce très proche de Amadou Haya Sanogo qui l’a fait passer de commandant à colonel en un temps record (comme beaucoup d’autres de ses amis) a fini par s’opposer à son bienfaiteur vers la fin de la transition.

On dit de lui que moyennant une très forte somme d’argent, il a mené campagne dans les garnisons pour le compte de Soumaïla Cissé tandis que Amadou Haya roulait pour IBK.

Conséquence : il a été écarté du Comité de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité présidé par celui qui n’était encore que le capitaine Sanogo. A l’époque les médias ( y compris L’Indépendant et RFI) avaient annoncé son arrestation qui, si elle avait eu lieu, aura été de très courte durée, eu égard à l’influence qu’avait l’intéressé sur les troupes, dit-on.

Dans ces conditions il n’est pas exclu que le colonel Traoré se soit trouvé du côté des ennemis du Général Amadou Haya Sanogo. Par soif de vengeance.

Vivement que l’enquête nous révèle ce qu’il est advenu de lui.

Kassoum THERA

L’Indépendant du 29 Octobre 2013.