Partager

Par suite de la mutinerie du camp militaire Soundiata Kéita de Kati du 30 septembre 2013, des soldats ont été tués et d’autres portés disparus. En effet, après les promotions militaires du patron de l’ex-junte, Amadou Sanogo, et Cie, d’autres soldats, mécontents de n’avoir pas bénéficié du même traitement de faveur, l’ont bruyamment fait savoir.

Le nouveau locataire du palais de Koulouba, Ibrahim Boubacar Kéita (IBK), a alors sifflé la fin de la récréation au moyen de l’opération Saniya : une trentaine de militaires ont fait l’objet d’arrestation dans le cadre de la répression de cette mutinerie, accusés qu’ils sont de troubles à l’ordre public, de séquestration de personnes, de coups et blessures mortels, d’usage illégal d’armes à feu… En rappel, 3 corps sans vie de militaires ont été découverts juste après cette marche sur Kati, et tout récemment 4 autres ont été retrouvés près de Bamako.

Amnesty International avait demandé aux autorités maliennes de diligenter une enquête impartiale sur ces disparitions et morts.

Plus d’un mois après ces douloureux événements de fin septembre, alors que le camp Soundiata Kéita de Kati est revenu dans la légalité républicaine et que son ancien commandant en chef, Amadou Sanogo, se fait discret, les familles des victimes viennent de rappeler aux nouvelles autorités maliennes qu’un père ou un oncle ont quitté leur domicile ce jour maudit du 30 septembre et n’y sont plus jamais retournés.

Ces faits malheureux sont venus alourdir le contexte de micmacs politico-militaires dont le Mali fut le théâtre ces 18 derniers mois. Car de nombreuses injustices et des actes répréhensibles ont été commis. Or le retour à une vie constitutionnelle normale et l’impératif de réconciliation appellent à l’application d’une justice impartiale.

Ainsi donc, l’État malien, au-delà de toute considération, doit situer les Maliens sur ces jours troubles de l’histoire du pays. Car sa responsabilité est ici engagée. C’est vrai qu’en propulsant l’ex-capitaine putschiste au grade de général 4 étoiles, l’État aurait voulu lui faire un cadeau pour l’amadouer (?) qu’il ne s’y serait pas pris autrement.

C’est aussi certain que l’ombre de ce dernier plane sur le Mali depuis un an, et malgré sa mise au pas (puisqu’il a été contraint manu militari de quitter son QG de Kati), on voit sa main partout, car comme ledit un adage, « l’hyène a acquis sa mauvaise réputation dès son enfance ».

Mais l’évidence semble indiquer que l’Etat malien doit répondre de cette situation délicate relative au triptyque justice-réconciliation-reconstruction. C’est pourquoi, même si l’on peut comprendre que dans toute affaire liée à la sûreté de l’Etat l’on évite de faire dans le volubile, les autorités se devaient en l’espèce de communiquer, pour permettre aux familles d’en avoir le cœur net, et subsidiairement aux mis en cause d’avoir des conseils.

La démocratie, que les Maliens ont appelée de leur vœux en plébiscitant IBK, s’accommode mal avec les méthodes de l’État d’exception.

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

Lundi, 28 Octobre 2013 21:14

Source: L’observateur Palaaga