Partager

Dans un papier intitulé » A propos du statut d’ancien chef d’Etat de Sanogo : la présidence de la République recadre le débat » publié sur un média en ligne, il est écrit que le Directeur de cabinet d’IBK, un certain Mahamadou Camara » s’est plaint du fait que (ce média en ligne) ait relayé l’information d’un journal d’une telle portée sans au préalable chercher à vérifier « . Pour sa gouverne, nous lui disons que l’information est vérifiée et vérifiable au niveau même de la présidence de la République. Et qu’il se fouvoie et se couvre de ridicule en cherchant à la démentir.

Ce sont, en effet, 44 éléments (tous des militaires) qui ont été mis, depuis le 5 novembre 2013, à la disposition du Général Amadou Aya Sanogo » pour sa sécurité et son intendance « . Cette équipe est composée de 22 éléments de sécurité au domicile du Général Sanogo ; et 22 autres éléments toujours au domicile » pour le cabinet et autres servitudes « .

Pour cela, le Chef d’Etat-major particulier du président de la République, le Général de division Yamoussa Camara, s’est référé à la Décision n°035/SG-PRM du 22 octobre 2013 fixant les détails de l’organisation de la sécurité des anciens présidents de la République, signée de la main du tout-nouveau Secrétaire général de la présidence de la République, Toumani Djimé Diallo.

L’article 4 de cette décision stipule que » l’Aide de camp et son adjoint sont nommés par décret du président de la République sur proposition de l’ancien président de la République « . C’est dire, si Koulouba suit sa logique selon laquelle le Général Sanogo a un statut » d’ancien président de la République « , qu’IBK prendra bientôt le décret de nomination des deux Aides de camp du Général Sanogo. Les sieurs Mariko et Kéïta étant déjà proposés par le Général de division Yamoussa Camara pour remplir ces fonctions.

Le média en question a écrit également que le » Directeur de cabinet de la présidence dément catégoriquement l’information selon laquelle ce sont 44 éléments qui sont mis à la disposition du Général Sanogo pour assurer sa sécurité et son intendance ». Pour Mahamadou Camara, toujours selon notre confrère en ligne, « les journalistes doivent accepter d’aller à la source avant de véhiculer ces genres d’informations « Bien dit.

Nous rétorquons que ce sont bel et bien 44 éléments (avec liste nominative) qui ont été mis à la disposition de chef des putschistes du 22 mars 2012 et non 22 comme le prétend le Directeur de cabinet d’IBK. Assurément, c’est à ce prétentieux personnage, qui veut donner des leçons de déontologie, de vérifier ses informations avant de débiter des sottises.

Et pour prouver que ce jeune homme ment, nous publierons si nécessaire la liste intégrale des 44 éléments mis à la disposition du Général Sanogo par celui qui l’a servi au poste de ministre de la Défense et des Anciens combattants avant d’être le chef d’Etat-major particulier d’IBK.

Toujours selon le média en ligne, le Directeur de Cabinet d’IBK nous renvoie à un décret du 12 février 2012 qui fixe le nombre des éléments mis à la disposition des « anciens présidents de la République jouissant de leurs droits civiques à vingt deux (22) ». Ce qui est vrai. Mais alors pourquoi la présidence de la République en a accordé 22 autres supplémentaires au Général Amadou Aya Sanogo ? Quand l’ancien président de la République jouissant de ses droits civiques, Alpha Oumar Konaré, conformément aux textes en vigueur, ne dispose en tout et pour tout que vingt deux (22) éléments pour assurer à la fois sa sécurité et son intendance.

Toujours par la voie du journal en ligne, Mahamadou Camara affirme » qu’IBK n’a fait que se conformer à un accord international en date du 20 mai 2012 signé en son temps par le Pr. Dioncounda Traoré, président de la République par intérim, le Premier ministre Dr Cheick Modibo Diarra et les médiateurs de la CEDEAO… lequel accorde le statut d’ancien chef d’Etat à Amadou Aya Sanogo, auteur du coup d’Etat du 22 mars 2012 « .

Dans le but d’éclairer la lanterne de nos lecteurs, il serait intéressant que le sieur Camara rende public » l’accord international en date du 20 mai 2012 » auquel il fait allusion et qu’aucun Malien n’a jamais vu. En tout cas, pas nous à L’Indépendant.

Ce qui est certain, c’est que cette décision de loger l’ancien putschiste dans le même registre que les anciens présidents de la République est loin d’être partagée par l’opinion publique nationale qui pensait, au contraire, voir aujourd’hui ou demain le Général Sanogo se rendre devant le juge Yaya Karembé pour donner sa part de vérité dans les exécutions sommaires et les disparitions de militaires lors des événements tragiques survenus depuis son coup d’Etat dévastateur du 22 mars 2012.

Avec cette prime de 44 militaires qui viennent d’être mis à la disposition du Général Sanogo, en plus d’une résidence rénovée à coup de plusieurs dizaines de millions F CFA dans le quartier le plus sécurisé de la capitale, Koulouba entend décidément mettre tout en œuvre pour éviter de frustrer le capitaine bombardé Général qui est en passe de devenir intouchable. Du moins pour le moment.

Aux dernières nouvelles, il nous revient qu’à la demande du Directeur de Cabinet d’IBK; le média en ligne en question a retiré le papier qui relatait le soi-disant point de vue de la présidence sur la question. Pourquoi ce retrait hâtif ? Pour notre part, nous détenons les documents signés de Toumani Djimé Diallo et du Général Yamoussa Camara qui prouvent nos informations. Nous les publierons si nécessaire.

Mamadou Fofana

11 Novembre 2013.