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Il y a quelques jours, les militants de la section PCR de Côte d’Ivoire mettaient leur divergence de vue avec l’instance dudit Parti sur la place publique. Les journaux en ont fait leurs choux gras. Malgré ce nuage de poussière soulevé par la nouvelle, aucune réaction du Parti à Bamako. Au contraire, un autre homme fort de la dite section persiste et signe pour dire qu’il n’existe effectivement plus une seule trace du PCR en Côte d’Ivoire. Il s’agit de Amadou Bah, précédemment 2ème Vice Président et membre fondateur de la section Ivoirienne de ce Parti de la mouvance Présidentielle du Mali.

Tout en reconnaissant qu’il y avait un grand problème au PCR- Côte d’Ivoire, suite à la déception collective dont la section fut l’objet lors des dernières élections Maliennes en Côte d’Ivoire, l’ex-Vice Président fulmine une féroce colère aujourd’hui contre le Président de ce Parti, Ousmane Ben Traoré. Pour lui, sa colère n’a rien à voir avec de la haine envers quelqu’un. Loin de là, affirme le bouillant Amadou Bah.

« En réalité, je suis déçu de l’indifférence dont la section est l’objet de la part de l’instance du PCR à Bamako. C’est pour cette raison que nous avons, de commun accord, décidé de démissionner en bloc du PCR. Ici les militants s’entendent très bien, mais avec le sommet, on a décidé de rompre totalement. Parce que, pour moi, dit-il, le respect compte avant tout. Le Président Ben n’a de respect pour personne au sein du Parti. C’est cela d’ailleurs qui est à l’origine de la rupture avec Bamako », martèle Amadou Bah.

Toujours selon lui, le PCR-CI était l’un des Partis les plus implantés en Côte d’Ivoire, malgré son arrivée tardive dans le paysage des partis politiques maliens représentés en Côte d’Ivoire. La preuve par quatre, le PCR est arrivé à se hisser à la tête de l’ADP, lors des élections présidentielles maliennes de 2007.

Cela devant de grands Partis comme l’ADEMA, l’URD, et les autres. C’est vous dire que la section est implantée partout en Côte d’Ivoire, rassure-t-il. Il renchérit pour dire que les 60 membres du Bureau Exécutif qui étaient tous acquis à la cause du PCR ont décidé de regarder vers d’autres horizons.

A la question de savoir s’ils sont prêts à revenir sur leur décision si le Comité Exécutif venait à dépêcher quelqu’un de Bamako pour mener la médiation, Amadou Bah s’insurge et martèle qu’il est trop tard pour cela, tant que Ben demeure Président du PCR à Bamako. Concernant la prochaine destination de la section en Côte d’Ivoire, l’homme reste prudent et affirme que les tractations vont bon train et que le bureau se réunira dans les jours à venir pour décider. Pour l’instant, dit-il, il s’agit de se souder pour mieux choisir une destination sûre et profitable pour tous.

Cependant ils sont beaucoup, par ici, ceux qui s’interrogent sur ses affinités, un peu trop poussées, avec le tout nouveau Président du PDES, Hamed Diane Semega, qu’il a reçu récemment chez lui à Abidjan. Sur la question, l’ex-Vice Président de la Section PCR- Côte d’Ivoire affirme qu’il a toujours été ami autant avec le Ministre Semega, Ousmane Ben Traoré qu’avec Modibo Doumbia qui lui ont tous rendu visite à domicile, lors de leurs missions, quand tout le monde était au Mouvement Citoyen. Pour Bah, rien n’a été encore décidé de la destination de la Section PCR-CI.

Cependant, selon les rumeurs qui circulent à Abidjan, les responsables du parti sont, aujourd’hui, au centre de toutes les convoitises sur les bords de la Lagune Ebrié. Un des barons de la Section PCR-CI aurait même reçu une invitation à se rendre au siège d’un grand parti politique à Bamako, pour discuter directement avec l’instance de ce parti qui a déjà décidé de pêcher en eau trouble, les voix du PCR-CI.

Pour notre interlocuteur, tout ça n’est que surenchère : « les militants du PCR-CI ne sont pas à vendre. Si l’argent conditionnait notre décision, nous aurions déjà choisi, sans même faire un quelconque déplacement à Bamako », conclut-il. Sacré Amadou Bah.

De Gildas, correspondant du Républicain à Abidjan

18 Aout 2010