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Décider à démasquer les vrais auteurs de la falsification de son passeport, Nouhoun K éita, journaliste, qui avait été blanchi par l’inspection de la police, vient d’être à nouveau mis aux arrêts par le juge d’instruction de la Commune V. Pour quel motif ?

« Ce n’est pas l’intimidation qui me fera changer ma position de faire toute la lumière sur cette affaire qui souille mon honneur et ma dignité » . Ces mots sont de celui qui séjourne depuis le 26 février à la Maison centrale d’arrêt de Bamako pour « complicité d’escroquerie » dans une ténébreuse affaire de trafic de visa.

C’est la deuxième fois que notre confrère est arrêté dans une affaire pour laquelle il a porté plainte au niveau des autorités policières qui, dans un premier temps l’avaient libéré avant qu’il ne soit de nouveau embastillé par le « tout puissant juge » de la Commune V. Le motif avancé par le parquet est que Nouhoun est incarcéré pour une procédure judiciaire qui suit son cours normal.

Les faits. Le vendredi 11 juillet 2008 aux environs de 17 h, une connaissance à Nouhoum Kéita, du nom de Mamoudou Touré, qui se dit commerçant, vient le voir à son service. Il l’informe qu’un de ses partenaires d’affaires d’origine indienne du nom d’Azeez Arambathickal qui serait par ailleurs président de la Chambre de commerce indo-malgache a été escroqué par des individus à hauteur de plus de 14,8 millions de F CFA.

M. Arambathickal exhibe la photocopie du passeport censé appartenir à un certain Abdoulaye Sissoko. Ayant vu la photo de Nouhoum Kéita, qui ne correspond ni à son nom, ni à sa filiation et le connaissant pour avoir été un de ses camarades de promotion d’école et ressortissant de la même ville (Keniéba), M. Touré l’informe aussitôt de la situation.

Mamoudou Touré dit à Nouhoun que M. Arambathickal se trouve dans un hôtel. Immédiatement, en compagnie d’un de ses collaborateurs, Nouhoun se rend à l’hôtel pour rencontrer Azeez Arambathickal. Muni de la photocopie du passeport. Sur place M. Touré lui demande s’il le connaît. L’Indien Azeez Arambathickal répond qu’il ne l’a jamais rencontré et que Nouhoum Kéita n’est pas le nommé Abdoulaye Sissoko qui faisait l’intermédiaire entre lui et un certain Alfa Koné.

Nouhoun a expliqué à l’Indien qu’il n’était pas un homme d’affaires, mais un journaliste. Il lui a encore indiqué qu’à part le nom, ainsi que la profession et l’année de naissance, tous les autres renseignements contenus dans le passeport correspondent avec le passeport qu’il détient et qu’il est tétanisé par ce qui lui arrive.

Il informe aussitôt Mamoudou Touré de sa volonté de mener une enquête sérieuse au niveau des autorités compétentes pour faire la lumière sur cette affaire d’une extrême gravité. Sur sa demande, il obtient de lui une copie du document et se rend au 3e arrondissement pour faire une déclaration au commissaire.

Le 14 juillet 2008, il porte plainte auprès du procureur de la République près le Tribunal de première instance de la Commune II. C’est dans cette attente que le 11 août 2008 il reçoit une convocation du 4e arrondissement datée du 6 août 2008, sur plainte de Me Haïdara auprès du procureur de la République près le Tribunal de première instance de la Commune V.

Dans sa plainte, il accuse Nouhoun Kéita d’escroquerie, puisque sa photo a été identifiée sur la photocopie du passeport censé lui appartenir.

Après de minutieuses vérifications et de contrôle sur le passeport détenu par notre confrère et après confrontations avec les photocopies, les conclusions du service de l’inspection de la police révèlent que Nouhoun n’est ni de près, ni de loin mêlé dans cette affaire. Il a été par la suite blanchi.

Curieusement voilà que l’affaire refait surface. Notre confrère vient d’être de nouveau arrêté. Selon nos sources le dossier sera instruit jeudi 12 mars.

Amadou Sidibé

10 Mars 2009