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Sotuba est un vieux quartier situé en Commune I du District de Bamako. Malheureusement, cette zone n’a pas été viabilisée. C’est ainsi que les autorités ont pris l’engagement, il y a quelques années, de réhabiliter ce quartier, sous la supervision de la Mairie de la Commune I. Il s’agissait donc de mettre en valeur Sotuba. Ce qui passe obligatoirement par l’élargissement des voies et la création d’équipements socio-culturels. Cette opération a été entamée par la Délégation spéciale. Elle sera suivie par l’équipe de Mme Konté Fatoumata Doumbia. C’est ainsi qu’une commission et une sous-commission domaniales ont été mises en place. La sous-commission est présidée par un Ingénieur de construction jouissant d’une expérience. Elles avaient commencé à réaliser la sortie des voies puis le bornage aux extrémités des rues. Un travail qui est loin d’être facile puisque certaines personnes tentaient de corrompre les topographes.

La seconde phase du travail de la sous-commission était de faire le recensement, c’est-à-dire identifier les déguerpis (ceux qui vont quitté) et les maintenus (ceux qui vont rester). A cause de nombreux problèmes enregistrés entre la population et certains conseillers, cette étape n’a pas pu continuer. La magouille est passée par là. Les familles qui doivent rester, voulaient, coûte que coûte, avoir leurs lots dans la zone de recasement, compte tenu de son emplacement. Malgré tout, la sous-commission a continué à mener son travail jusqu’à 65% au niveau des déguerpis. La liste des déguerpis comportaient 96 personnes. Même avec la fin des travaux, cette liste ne dépassera pas 300 quand on sait que le nombre de familles à Sotuba varie entre 700 et 750 ménages. A la grande surprise de tout le monde, la Mairie de la Commune I, au cours de sa délibération, a publié une liste de 683 personnes ayant bénéficié de lots dans la zone de recasement.

Sur les 683 lots, deux lots ont été attribués à chaque conseiller, tandis que chaque agent de la mairie a reçu un lot. Même certains agents des ministères des Affaires Etrangères, de l’Administration Territoriale, de la Police, du tribunal ont reçu leur part. Pendant ce temps, les vrais déguerpis n’ont pas été recasés.

Toute cette affaire a été tramée par certains conseillers de la mairie de la Commune, en complicité avec les topographes. Qui n’ont pas hésité à créer, de toute pièce, des lots dans la zone de recasement, occupés illégalement. Plusieurs lots ont été extraits dans cette zone pour se retrouver dans le quartier spontané.

Lors de la session extraordinaire du 29 décembre 2006, sur les 45 conseillers présents, un seul s’est opposé à la liste définitive des personnes ayant bénéficié de parcelles. Il a déploré le fait que les vrais déguerpis n’ont pas été pris en compte. Informée de cette situation, l’Association Badeya de Sotuba a décidé de tenir une assemblée, le 7 janvier, pour discuter de cette affaire.

Le Secrétaire général du parti SADI, Dr Oumar Mariko et certaines radios de la place étaient aussi de la rencontre. La tenue de cette rencontre a été mal appréciée par le conseil du chef de quartier qui n’a pas hésité à porter plainte contre l’un des responsables de cette association. C’est ainsi que les populations de Sotuba ont décidé de marcher sur la mairie.

On se rappelle que le Gouvernorat du District avait approuvé la décision de délibération de la mairie concernant l’attribution des parcelles. Le Gouverneur, Ibrahima Féfé Koné que nous avons rencontré, hier, a soutenu, pour sa part, qu’il n’était pas au courant de tout ce problème. C’est pourquoi, il a adressé une correspondance à Mme Konté Fatoumata Doumbia lui demandant de suspendre toutes les opérations concernant cette affaire. Avant de rencontrer toutes les parties concernées. Cette rencontre pourrait se tenir, dès ce mercredi 10 janvier.

En tout cas, cette décision du Gouverneur a été bien appréciée à la fois par les populations de Sotuba et la mairie de la Commune I qui aura été ainsi à l’abri d’un procès foncier..

Alou B HAIDARA

10 janv 07