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Dix neuf personnes condamnées dont cinq à deux ans de prison ferme et à une amende de 100 000 Fcfa, 8 autres personnes à six mois de prison ferme et à 20 000 Fcfa, plusieurs autres condamnations avec des amendes, c’est le verdict rendu le 8 juillet 2008 par le juge de Nara.

Une pluie de sanctions et d’amendes pour les agresseurs de l’enseignant Hamadoun Oumar Touré de l’école de Mourdiah. Ils doivent verser au professeur de maths battu des dommages et intérêts de 2 millions 500 000 Fcfa.

Le verdict est tombé dans l’affaire concernant l’agression du professeur de mathématiques de l’école de Mourdiah, Hamadoun Oumar Touré. Dans sa décision du 8 juillet, le juge a condamné 19 personnes et libéré 4 autres. Les agresseurs, en plus des amendes, doivent payer à la victime des dommages et intérêts de 2 millions 500 000 Fcfa.

Le Secrétaire général du Syndicat des Contractuels de l’Enseignement Fondamental (Sycef), Soumana Kalapo, s’est dit satisfait de cette décision dans la mesure où la justice a agi. « l’Etat s’est assumé, c’est ce qu’on cherchait ». Cette satisfaction n’est cependant pas un triomphe pour eux, admet-il : « que les gens soient sanctionnés n’est guère réjouissant.

Mais il fallait cette décision de justice pour que les auteurs de l’agression sachent qu’on ne peut pas faire tout ce qu’on veut ».
Cependant, le syndicaliste nous a dit ses regrets, quand certains des agresseurs ont disparu avant le procès, échappant du coup à la décision du juge.

Lors de l’agression du professeur, 27 personnes avaient été interpellées. Libérées à la suite du soulèvement des jeunes du village, 24 d’entre elles seront reprises quand le Syndicat des Contractuels de l’Enseignement Fondamental (Sycef) a déposé un préavis de grève exigeant que justice soit rendue. Certains des agresseurs ont donc profité du temps de relaxe pour prendre la clé des champs.

La décision de justice du 8 juillet frappe 19 personnes avec des amendes et la relaxe de quatre autres.
Parmi les dix neuf personnes condamnées, cinq le sont à deux ans de prison ferme et à une amende de 100 000 Fcfa, 8 autres personnes à six mois de prison ferme et à 20 000 Fcfa.

Cinq personnes écopent d’une peine de 3 mois avec sursis et une amende de 20 000 Fcfa ; une personne avec 2 mois de prison avec sursis et 20 000 Fcfa. Ils doivent verser au professeur de maths battu des dommages et intérêts de 2 millions 500 000 Fcfa.

Selon le Secrétaire général du syndicat, le professeur Hamadoun Oumar Touré est toujours sous le choc de l’agression dont il a fait l’objet : « physiquement ça va, mais psychologiquement, il traîne encore un traumatisme… ». Il est à Bamako depuis le 26 mai, date à laquelle il a été admis à l’hôpital Gabriel Touré.

Les enseignants en service à Mourdiah, au moment des faits, ne veulent plus de ce village. Ils craignent pour leur sécurité, selon Soumana Kalapo.

Il y aura un départ massif des enseignants de Mourdiah, présage-t-on. « Le syndicat est d’accord avec ces mutations, la réouverture de l’école de Mourdiah dépend de l’avis du Sycef. Nous n’accepterons pas de laisser nos camarades exercer dans l’insécurité », a laissé entendre le Secrétaire général Soumana Kalapo.

Pour le syndicaliste, l’attitude des ressortissants de Mourdiah ne rassure pas, car ils n’ont affiché aucun regret après l’acte. Au contraire, la délégation de l’Association des ressortissants de Mourdiah qui a été reçue par le syndicat a essayé de justifier l’acte posé par les agresseurs en soutenant la thèse selon laquelle le professeur battu fut un grand coureur de jupons.

« Au lieu d’essayer de nous consoler et condamner l’acte d’agression, nous n’avons senti aucun regret dans les propos des ressortissants de Mourdiah ».

Le syndicat des Contractuels de l’Enseignement Fondamental (Sycef) ne voit pas dans l’immédiat, l’ouverture de l’école de Mourdiah. « Nos camarades ne peuvent pas servir dans un climat d’insécurité », conclut il.

Le Secrétaire général du Syndicat des Contractuels de l’Enseignement Fondamental (Sycef), Soumana Kalapo, a exprimé son regret face à la relaxe des agresseurs de Djibonding Dembélé dont le procès a eu lieu le 8 juillet.

B. Daou

10 Juillet 2008