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A ce jour, ce sont au total 9 personnes qui sont détenues en plus de « Sitanè » lui même pour avoir collaboré avec ce dernier à des dégrés différents. Tous ces hommes sont passés d’abord par le Camp I pour être entendu avant leur incarcération. Le camp I a donc accompli sa mission, la balle est dans le camp du juge d’instruction et du procureur du tribunal de la Commune IV du District de Bamako en charge des dossiers de l’affaire Daouda Yattara.

RAPPEL DE QUELQUES FAITS

Suite à une interpellation des occupants de « Sitanèbougou », (le domicile de Daouda Yattara en Commune IV du District de Bamako) pour les besoins de l’enquête, le nom du vieux chasseur Kita Balla fut cité par les parents de Mory Magassouba dit Blakoroba comme étant un partisan de Daouda Yattara.

Selon le grand-frère de « Blakoroba » M. Sayon Magassouba, venu de son Siguiri natal en Guinée Conakry pour porter plainte contre Daouda, Kita Balla aurait intimidé Blakoroba en 2003, quand celui-ci était venu de Siguiri pour régler son compte à « Sitanè » en disant qu »‘il ne peut rien faire à un Malien au Mali et qu’ils allaient même le tuer sans que les autorités maliennes ne réagissent ».

Kita Balla, interrogé sur cette déclaration du grand-frère de Blakoroba le vendredi 6 Mai 2005 au Camp I, a nié en bloc son implication dans cette histoire à quelque niveau que ce soit.

Le lendemain 7, le vieux chasseur répondait de nouveau à l’interpellation des gendarmes; il aurait tenu les mêmes propos que le premier jour de son interpellation.

Vu la tournure des événements, la Brigade de Recherches du Camp I qui a pourtant remporté des succès notables dans cette affaire a été déssaisie et les dossiers transmis au service d’investigation judiciaire du Camp I spécialisé en la matière.

Le 9 Mai 2005, le photogénique caporal fonctionnaire à la Garde nationale N’tji Togola est sous les verrous. Il paraît qu’il a pris des photos en compagnie de « Sitanè », ce qui auraient conduit à son arrestation.

Le 12 Mai 2005, le chasseur de Kangaba connu sous le nom de Kaaba Mamby est incarcéré à son tour du Camp I accusé d’avoir séquestré Mory Magassouba dit Blakoroba depuis Kangaba avant de le livrer à Daouda Yattara à « Sitanèbougou », sa résidence de Sébénikoro.

C’est Kaaba Mamby qui aurait ligoté Blakoroba des pieds et des mains à l’aide d’une corde. Le 13 Mai 2005, l’inspecteur de police Ahmed Yattara dit « Chinois » et l’un des grands frères de « Sitanè » est reçu au Camp I par le capitaine Amadou Diakité, chef de la section d’Investigation Judiciaire, suite à la demande de sa mise à disposition adressée au Ministère de Sécurité Intérieure et de la protection civile pour être entendu. Par rapport à l’affaire Daouda Yattara, son jeune frère.

Ecroué par la suite après interrogatoire dans une cellule du Camp I, l’inspecteur de police, Ahmed Yattara écrit au Directeur général de la Police nationale afin qu’« il s’implique si nécessaire, pour la manifestation de la vérité « car nul ne connaît les vicissitudes d’une enquête et surtout les caprices de certains enquêteurs, s’ils veulent créer des ennuis ».

QUI SONT LES HOMMES ARRETES DANS L’AFFAIRE DAOUDA YATTARA ?

En tout et pourtant, 9 personnes sont aujourd’hui sous les verrous accusées de complicité à des degrés différents avec Daouda Yattara dit « Sitanè » accusé d’un double meurtre : celui de Kassim Camara dit Kassim Dafara, assassiné le 30 Mars 2005 et de l’enlèvement au Mali du Guinéen Mory Magassouba dit Blakoroba en fin 2003 début 2004.

En plus de « Sitanè » lui même, les 9 personnes arrêtées sont : l’inspecteur le Police Ahmed Yattara dit « Chinois », grand-frère de Daouda; le caporal de la Garde nationale N’Tji Togola; le caporal parachutiste Moussa Kéïta. Ces trois personnes, vu leur statut militaire, sont au Camp I de la gendarmerie nationale.

L’étudiant Moussa Georges Dembélé, neveu de Daouda; Kaou Touré, disciple de Daouda; Harouna Dabo, également disciple de « Sitanè »; le féticheur Céan Kéïta, qui a été au courant de cette affaire de remise de Mory Magassouba à Daouda; le tortionnaire Kaaba Mamby et Modibo Kéïta « Van » gendre de Daouda Yattara, ces 6 personnes toutes des civils plus Daouda lui même sont à la maison Centrale d’Arrêt de Bamako (M.C.A.B).

Le sort de ces 10 personnes est entre les mains du juge d’instruction M. Sissoko et du procureur du tribunal de la Commune IV du District de Bamako. Déjà le principal présumé coupable, le féticheur Daouda Yattara serait sur la voie d’une conversion pour avoir reçu un coran, des matériels de prière (chapelet, tapis…).

Mission accomplie donc pour les gendarmes du Camp I qui ont permis l’arrestation de toutes ces personnes et le transfert des dossiers à la justice. La balle est donc désormais dans le camp de la justice. Que la lumière soit faite donc !

Daba Balla KEITA

10 juin 2005