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Monsieur le Directeur de Publication du Journal Nouvel Horizon

Objet : Droit de réponse à vos articles intitulés respectivement “Rebondissement dans l’affaire Daouda Yattara” et “Du nouveau dans l’affaire Daouda Yattara” dans vos journaux n°2615 du lundi 16 mai 2005 et n°2620 du lundi 23 mai 2005.
Monsieur,

Depuis le début de ce que beaucoup de journaux de la place (sûrement en mal de vente) ont appelé “L’Affaire Daouda Yattara” nous avons préféré gardé le silence excepté le jour où Daouda a été déféré (13 avril 2005) et où j’ai accordé une interview à Radio FR3.

J’ai aussi saisi par écrit l’AMDH non pas sur le fond du dossier mais sur l’acharnement sur la famille de Daouda et ses conditions de détention. Ce silence ne traduit nullement pas la culpabilité de Daouda, mais uniquement le souci de laisser la justice faire sérieusement son travail.

Mais on a constaté que beaucoup se sont servis de ce silence pour désinformer l’opinion nationale. Alors pour défendre l’honneur de notre famille et celui de Daouda, on a décidé d’apporter tant qu’on pourra des droits de réponse sur ce que je pourrai considérer comme une atteinte à la vie privée de Daouda et non l’affaire Daouda Yattara (Kabako a déjà reçu son droit de réponse sur toutes ces contre-vérités dans son journal de vendredi dernier).

En voulant vous répondre d’une missive exhaustive, je risquerais d’entrer dans le fond du dossier ; secret de l’instruction obligeant, je m’abstiens de cela.

D’abord un rectificatif : le grand frère de Daouda Yattara dont vous parlez s’appelle Mohamed Yattara, Inspecteur de Police de son état.

Inspol ne sera pas entendu mais a été entendu dans le respect de toutes les procédures depuis le mercredi 18 mai (chercher avant d’informer). Je ne vous ferai pas cadeau de ce qui a été dit, mais tout s’est très bien passé.

En réalité tout ce qui est reproché à Daouda est fondé non pas sur des preuves mais sur des déclarations sorties de leur contexte. Je reconnais volontiers que Daouda a dit sur une radio qu’il a tué 18 personnes et qu’il veut atteindre le nombre de 40.

Quel est le contexte de cette déclaration ? En effet, lorsque Mory Magassouba (enlevé ou porté disparu et non mort juridiquement) a enregistré une cassette dans laquelle il a diffamé Daouda et a déclaré publiquement qu’il est venu le tuer quelle est l’autorité judiciaire à l’époque qui a interpellé Mory ?

Aucune. Dépité, Daouda a dit ce qu’il lui est reproché aujourd’hui espérant que les autorités judiciaires à l’époque allaient l’interpeller pour qu’il leur donne sa version. Aucune autorité à l’époque ne l’a interpellé. Alors juridiquement dans les deux cas (celui de Mory et de Daouda) c’est de la complicité passive ou quoi ?

Répondez. Que l’on ne profite pas aujourd’hui du fait que Daouda est entre les mains de la justice pour sortir les déclarations de leur contexte.

Il est aussi dit que Daouda est l’ennemi N°1 de Dieu.

Je reconnais qu’il ne prie pas mais de là à dire qu’il ne croit pas en Dieu et à son existence il y a là un pas que je n’oserai pas franchir.

Tous les clients de Daouda (Dieu sait qu’ils sont nombreux dans le Mali d’en Haut et le Mali d’en bas) ou tous ceux qui l’ont approché savent qu’il prononce le nom de Dieu et qu’il croit en son existence.

Il n’est pas non plus l’ennemi de tous les musulmans (les bons pratiquants s’entend). La preuve : à l’occasion de l’inauguration de la Mosquée située à 100 mètres de chez lui, il a offert au comité de gestion de ladite mosquée un boeuf payé à 225.000 FCFA), 50.000 FCFA, de grands seaux remplis de bananes et d’oranges et s’est fait représenter par notre mère.

De plus il a offert à Souffi Adama et à ses disciples de nombreuses bouilloires pour les ablutions et des peaux de prière. Le journalisme d’investigation n’est pas un travail d’amateur, il est le travail d’un professionnel compétent et chevronné.

Il se doit d’écouter toutes les parties et de tirer sa conclusion selon les différents recoupements et son intime conviction.

Je vous remercie.

Abdallah YATTARA

24 mai 2005