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La pyramide du souvenir a abrité, le 4 mars 2009, un meeting de soutien au Vérificateur Général, Sidi Sosso Diarra. Soutenant que ce dernier fait l’objet d’une cabale judiciaire qui l’a conduit en prison, un collectif de jeunes a décidé d’apporter son soutien ferme à cette structure de lutte contre la corruption au Mali.

Ils étaient des dizaines de personnes à prendre part à ce meeting qu’un collectif d’associations a organisé pour soutenir le Vérificateur Général. Ils entendent apporter la riposte à la mise sous mandat de dépôt et l’incarcération éclaire de Sidi Sosso Diarra. Composé essentiellement de l’AJDP, du CRAJ, de la JLD, de l’ADVR, de l’ADID, et de l’APPVS, ce collectif estime que le travail du Bureau du Vérificateur Général est assez sensible pour que le responsable en soit mis à l’abri de telle humiliation.

Dans leur déclaration de soutien au Bureau du Vérificateur Général pour ses initiatives de lutte contre la corruption, les responsables du collectif ont condamné une «cabale juridico-politique et médiatique» qu’ils estiment orchestrée contre le Vérificateur Général. Ils ont dénoncé la «banalisation de la lutte contre la corruption et la délinquance financière».

En demandant une cessation immédiate de toute action de nuisance contre l’institution, le collectif appelle à une mobilisation générale du peuple malien autour du Vérificateur dans sa mission de lutte contre la corruption et la délinquance financière.

Ce sont des luttes internes au bureau du vérificateur général, soutiennent-ils qui risquent de ternir son image illustrée par un travail efficace et remarquable contre la corruption, la gabegie et les abus de biens publics au sein de l’administration malienne.

«Une nation ne peut pas se construire dans l’indifférence», a déclaré Mahamane Mariko, porte-parole du collectif. Selon le président du CRAJ, le peuple malien est mûr pour lire le cadre politique actuel de notre pays. Le vérificateur général est nommé pour un mandat de 7 ans non renouvelable. Il a une obligation de résultat. Et le collectif de soutien estime que cette obligation de résultat implique forcement une obligation de moyens, y compris humains.

Si Mahamane Mariko soutient que l’opinion publique s’attendait à cette cabale contre le Vérificateur après la production de ses rapports, il a déclare par ailleurs qu’un Etat sérieux ne peut pas se permettre de traîner cette institution dans la boue. Au moment où les Maliens s’interrogent sur la volonté des autorités de combattre la corruption et la délinquance financière, cet épisode annonce une nouvelle tournure dans ce domaine.

L’affaire qui oppose le Végal à ses proches collaborateurs, au nombre desquels, son adjoint, certains officiers et des magistrats, et qui couvait depuis 2004 a connu un regain de tension ces dernières semaines, avec l’annulation par la Cour suprême d’une de ses décisions de licenciement.


Pourquoi ce regain de tension ?
il faut distinguer deux procédures qui sont toutes engagées contre lui par ses collaborateurs : l’une devant le juge anti-corruption de la Commune III, et l’autre devant le tribunal de première instance de la Commune IV.

En effet, Sidi Sosso Diarra a été, dans un premier temps, longuement entendu par le procureur du tribunal de première instance de la Commune III, dans une affaire où il est accusé par son adjoint de détournement de fonds.

Dans une autre affaire qui l’oppose à certains de ses agents bénéficiant du détachement, le Vérificateur qui veut leur mise en disponibilité, malgré une longue bataille judiciaire devant la Cour suprême qui leur donne raison, a été entendu par le tribunal de la Commune IV, avant d’être mis sous mandat de dépôt pour « réquisition des forces publiques contre l’exécution d’une décision de justice », le mardi 31 mars 2009. Faute d’avoir obtenu devant les juges, la transformation de leur statut de détachement en disponibilité, le Vérificateur Général Sidi Sosso Diarra avait requis les forces de l’ordre pour empêcher ces cadres d’entrer dans leurs bureaux.

La décision par laquelle le Vérificateur les renvoyait à leur corps d’origine parce qu’ils ont refusé la mise en disponibilité, a été attaquée et annulée devant la section administrative de la Cour suprême. Alors l’insistance du Vérificateur à vouloir appliquer sa décision malgré un arrêt de la Cour suprême a été jugée comme une tendance à se mettre au dessus de la loi. Le conflit a pris une nouvelle tournure avec l’interpellation puis l’incarcération très brève du Végal.

Il a fait un tour à la Maison centrale d’arrêt pendant quelques heures, à la faveur d’un mandat de dépôt délivré par le juge d’instruction de la Commune IV du District de Bamako. Le Végal, a recouvré la liberté après le payement d’une caution, le 1er avril 2009. Le dossier n’a pas été classé et suit son cours. Affaire à suivre.

Seydou Coulibaly

Boukary Daou

06 Avril 2009