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Dans le cadre de la procédure ouverte contre X à la suite de la disparation du journaliste d’investigation Birama Touré, le Tribunal de grande instance de la Commune IV de Bamako vient de lancer un mandat d’arrêt international contre Karim Keïta, fils de l’ancien président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta. Le procureur de la République près ce tribunal, Idrissa Hamidou Touré, a donné des explications sur cette «sulfureuse affaire» qui défraie la chronique. 

Depuis quelques années, rappelle le magistrat, plusieurs personnes ont été entendues dans la procédure. «À un certain moment, le juge a estimé devoir entendre Karim Keïta qui ne se trouve pas à portée de main, car ayant été localisé à l’extérieur du pays», explique-t-il. 

Conformément à l’article 118 du Code de procédure pénale, le juge d’instruction du 1er cabinet a ainsi demandé l’avis du Parquet pour décerner un mandat d’arrêt international afin que Karim Keïta vienne pour être entendu dans la procédure. «C’est l’évolution normale de la procédure, s’il était par exemple sur le territoire national, on n’aurait pas eu besoin de recourir à un mandat d’arrêt international», a clarifié le procureur de la Commune IV. 

Avant d’ajouter : «Si Karim Keïta veut, en bon citoyen malien, il peut, lui-même, venir se faire entendre par le juge d’instruction de son pays». Pour Idrissa Hamidou Touré, cela contribuera à la manifestation de la vérité. Il y va aussi de sa participation à l’action judiciaire pour établir la vérité dans cette procédure dans le cadre de l’exécution de ce mandat. Le procureur Touré confirme que le mandat a été transmis au bureau central national Interpol, pour exécution.

« La justice ne fonctionne pas sous la pression, sous l’influence, sous l’intimidation…», souligne-t-il. En l’état actuel de la procédure, confiera-t-il, Karim Keïta n’a pas d’avocat régulièrement constitué et qui connaît les éléments actuels du dossier en cours. «Les éléments actuels du dossier ne sont connus que des autorités judiciaires», confirme le procureur.  

Dans un communiqué publié mardi dernier, la Maison de la presse a exprimé sa satisfaction après l’émission d’un mandat d’arrêt international contre Karim Keïta dans le cadre de l’affaire de la disparition de notre confrère du journal le Sphinx, Birama Touré, porté disparu depuis le 29 janvier 2016. La Maison de la presse, ajoute le communiqué, «apporte tout son soutien à la justice et souhaite que cette action soit le début de la manifestation de la vérité dans cette triste affaire». 


A. T.

Source: L’Essor