Partager

L’insondable voie du Seigneur qui se fait enfin entendre dans cette opaque affaire de la disparation de votre confrère Birama TOURE dont nul n’a encore apporté avec certitude la preuve de la mort ou la philharmonique des anciens laudateurs de KK (Karim KEITA) devenus subitement des folliculaires et des emphatiques sans vergogne au service du nouvel ordre qui se perd en conjecture dans une chasse aux sorcières et dans une frénétique propagande contre le président IBK et sa famille ?

La roue de l’histoire tourne, et par ici, plus qu’à Rome aux temps où la Gaule s’y était rendue maître, il n’y a nulle miséricorde pour les vaincus. Le délit est de faciès, la culpabilité est congénitale. Karim KEITA, fils Ibrahim KEITA ne peut être que coupable. La preuve ? On se contente de l’affirmation d’une source anonyme de RFI…. Et le régime de la Transition en fait ses choux gras s’il ne tente de tirer les marrons du feu. L’occasion faisant logiquement le larron.

La Radio France Internationale (RFI) s’est fait l’écho,  avant-hier lundi, d’une dépêche de l’Agence France presse (AFP) selon laquelle le fils de l’ancien président IBK, l’ancien député de la Commune II, l’honorable Karim KEITA est désormais sous le coup d’un mandat d’arrêt international d’Interpol suite à l’affaire dite Birama TOURE.

Disparation ou assassinat ?

Dans ce cas trop bluffant en quoi Karim KEITA est-il mis en accusation ou inculpé ? Pour arrêter quelqu’un, il faudra d’abord l’accuser et l’inculper d’un fait précis assorti d’un minimum de preuve? De quoi accuse-t-on Karim KEITA ? Pour avoir été le fils de son père ou avoir assassiné Birama TOURE ?

Pour la première fois, RFI, AFP et France 24 parlent d’assassinat d’un journaliste alors même que jusqu’ici personne n’a pu apporter la preuve que le journaliste en question était décédé. En tout cas, les médias phares de la politique néo-colonialiste français en Afrique (RFI, AFP et France 24) évoquent clairement un ‘’mandat d’arrêt international contre Karim KEITA, fils de l’ex-président Ibrahim Boubacar KEITA’’.

Dans leur choix clair de manipuler l’information, les médias au service de la propagande française contre les intérêts de nos populations disent ‘’Interpol a émis une ‘’notice rouge’’ à la demande d’un juge d’instruction (le doyen des juges d’instruction) du Tribunal de Grande Instance de la commune IV de Bamako’’. AFP-RFI-France24 oublient commodément de préciser (comme s’il n’y avait pas de professionnels dans ces grandes rédactions) que c’est Interpol-Mali (Bureau central national), qui a émis cette notice, à la demande des autorités judiciaires maliennes, et que cette notice doit encore être validée ? (vérification de sa conformité). Ces médias français ont oublié de nous dire qu’à ce stade il s’agit d’une procédure purement interne, nationale, malienne et qu’on est encore loin du mandat d’arrêt international.

Mandat d’arrêt international ou notice rouge ?

À moins qu’à l’AFP-RFI-France 24, serpillière égale torchon, une notice même rouge n’est pas un mandat d’arrêt international, mais uniquement et simplement un avis de recherche international.

En français facile, pour RFI qui a inventé l’expression : à la date ce mardi matin 6 juillet 2021 il n’y avait aucun mandat d’arrêt international contre Karim KEITA. Ce dernier fera l’objet d’un avis de recherche dans le cadre de la disparition et non de l’assassinat du journaliste d’investigation Birama TOURE, qu’on avait présenté en 2016 comme détenteur d’un dossier compromettant sur lui si et seulement si la notice rouge de « Interpol Mali » était validée.

En attendant, il n’y a rien contre Karim KEITA qui peut débarquer demain matin à Bamako sans que personne ne puisse légalement l’arrêter. Parce qu’à notre connaissance, comme vous le dites vous-mêmes les journalistes, aucun juge n’a délivré un mandat d’arrêt contre lui. Sinon, si tel est le cas, pourquoi s’abriter derrière Interpol pour arrêter un Malien ?

Si tout ceci n’était que du bluff

Sans être un spécialiste de la question, le mandat d’arrêt est un ordre donné par le juge d’instruction aux forces de Police ou de Gendarmerie, de rechercher et d’arrêter une personne mise en examen puis de la conduire dans une maison d’arrêt où cette personne sera détenue. Le mandat d’arrêt est un des pouvoirs du juge d’instruction dans le cadre de son enquête. Il doit être distingué du mandat de dépôt, du mandat d’amener ou du mandat de comparution.

Le terme «mandat d’arrêt international» est plus journalistique que juridique. Il signifie simplement une demande d’extradition assez classique, qui permet à un État de demander à d’autres pays qu’on lui livre la personne visée par ce mandat, pour peu qu’on sache où elle se trouve et que la coopération entre eux soit optimale.

Mais, dans les faits et en droit, rien n’oblige et ne garantit une collaboration entre les deux États; tout dépend du niveau de leurs relations diplomatiques, des conventions internationales signées entre eux et auxquelles elles s’obligent.

Par ailleurs, on sait aussi qu’un certain nombre de pays, dont le Mali, refusent d’extrader leurs citoyens s’ils sont recherchés dans d’autres pays.

Interpol va-t-il arrêter Karim KEITA ?

À quoi ça sert alors un «mandat d’arrêt international» de Interpol ? D’abord il est bon de savoir qu’Interpol ne lance pas de mandats d’arrêt internationaux, mais de notices spéciales, jaunes et rouges. Le rôle des notices rouges comme on l’évoque dans le cas de Karim KEITA est de comptabiliser les personnes recherchées pour des faits graves et de diffuser les informations les concernant.

Le but est d’avertir les différents pays membres (190 en tout) qui pourront, si cela dépend de leur territoire, arrêter la personne visée et l’extrader vers le pays d’émission de la notice.

Selon un chef exécutif d’Interpol France, Jean-Jacques Colombi, sur le plateau d’i-Télé «la notice rouge, c’est la notice utilisée par un État pour demander à un autre État d’arrêter provisoirement quelqu’un», mais Interpol lui-même n’arrête pas les gens. Les pays membres d’Interpol, souverains, décident de rechercher et d’arrêter la personne visée par cette notice. Tout dépend de la teneur de leurs relations diplomatiques. Interpol ne peut pas forcer les pays à agir ni envoyer ses propres agents.

Improprement appelé mandat d’arrêt international, ce document permet à l’organisation de Police, dont le siège est à Lyon, d’alerter tous les pays membres que tel individu est visé par un mandat d’arrêt national ou européen. Il contient une photographie, des empreintes digitales et les références des passeports ou autres pièces d’identité.

Il est alimenté par des renseignements précis sur la personne recherchée et les faits qui lui sont reprochés, et diffusé en quatre langues (français, anglais, espagnol et arabe). Il permet de localiser un fugitif en vue d’une éventuelle arrestation. Dans certains pays, il est en effet considéré comme une demande légitime d’arrestation provisoire, notamment lorsque ledit pays a signé un accord d’extradition avec le pays demandeur.

Sur le site d’Interpol, on ne trouve encore nulle trace d’un mandat d’arrêt international ou d’une quelconque notice rouge concernant le fils de l’ancien président Karim KEITA dit Katio. Est-ce pourquoi le journaliste de RFI ce mardi matin a tenté de recadrer l’info en disant que la justice dit qu’elle va saisir Interpol pour émettre un mandat d’arrêt en fait une notice rouge à l’endroit de Karim KEITA ? Les journalistes français qui semblent choisir le camp de s’acharner sur Katio ont-ils vérifié si Interpol Mali a bien saisi Interpol international à Lyon ? Ont-ils vérifié si une quelconque notice a été délivrée contre le fils du président IBK contre lequel la France veut se venger pour les bavardages de son entourage concernant les ingratitudes de Jean Yves Le DRIAN ?

MOHAMED LAMINE KEITA

Commune II

Encadré

Qu’est-ce qu’une notice rouge ?

Une notice rouge consiste à demander aux services chargés de l’application de la loi du monde entier de localiser et de procéder à l’arrestation provisoire d’une personne dans l’attente de son extradition, de sa remise ou de toute autre procédure judiciaire.

Elle contient essentiellement deux types d’informations :

Des informations sur l’identité de la personne recherchée, à savoir son nom, sa date de naissance, sa nationalité, la couleur de ses yeux et de ses cheveux, des photographies et ses empreintes digitales, le cas échéant.

Des informations sur l’infraction au titre de laquelle cette personne est recherchée, comme un meurtre, un viol, un acte pédophile ou encore un vol à main armée.

Les notices rouges sont émises par INTERPOL à la demande d’un pays membre et doivent être conformes au Statut et au Règlement de l’Organisation. Elles ne doivent pas être confondues avec les mandats d’arrêt internationaux.

Les notices rouges sont uniquement des avis de recherche internationaux.

Combien existe-t-il de notices rouges ?

Environ 66 370 notices rouges sont en cours de validité, dont 7 669 sont publiques.

La plupart des notices rouges sont strictement réservées aux services chargés de l’application de la loi.

Toutefois, dans certains cas, par exemple lorsque l’aide du grand public est requise pour localiser un individu ou lorsque ce dernier représente une menace pour la sûreté publique, un extrait rendu public de la notice rouge est publié sur ce site Internet.

En 2020, INTERPOL a émis 11 094 notices rouges.

Qui peut faire l’objet d’une notice rouge ?

Les notices rouges concernent les fugitifs recherchés dans le cadre de poursuites ou afin qu’ils purgent leur peine. Elles font suite à des procédures judiciaires dans le pays émetteur, qui n’est pas nécessairement le pays d’origine de l’individu, mais le pays dans lequel l’infraction a été commise.

Lorsqu’une personne est recherchée à des fins de poursuites, cela signifie qu’elle n’a pas été condamnée et doit donc être présumée innocente tant que sa culpabilité n’aura pas été établie. En revanche, une personne recherchée afin qu’elle purge sa peine a été déclarée coupable par la justice du pays émetteur.

Quelles sont les vérifications effectuées avant la publication d’une notice rouge ?

Un groupe spécial examine chaque demande de notice rouge afin de s’assurer de sa conformité à la réglementation en vigueur. Cet examen tient compte des informations disponibles au moment de la publication.

Chaque fois que de nouvelles informations importantes sont portées à l’attention du Secrétariat général après la publication d’une notice rouge, le groupe spécial réexamine l’affaire.

Source : site Interpol