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Sur plainte de Babou Yara, le Tribunal de commerce a ordonné le 8 juillet dernier l’expulsion de 24 commerçants détaillants de « leurs » magasins. Au cours d’une assemblée générale le jeudi 21 juillet au Grand marché, le Syndicat national des commerçants détaillants du Mali (Synacodem) a appelé des commerçants détaillants à la cohésion contre cette décision.

Le contentieux qui oppose l’opérateur économique Dionkè Yaranagoré dit Babou Yara et ses locataires du Grand marché n’en finit pas. Et pour cause, le Tribunal de commerce a sommé 24 commerçants détaillants de quitter les magasins appartenant à Babou Yara et de lui payer les arriérés réclamés. Des commerçants détaillants ont tenu hier une assemblée générale contre cette décision.

Le Synacodem a appelés ses militants à la cohésion contre le verdict du tribunal. « Babou Yara dit qu’il viendra avec des gardes pour chasser 24 personnes de leurs boutiques. Ce jour-là, il va marcher sur nos cadavres, car on ne quittera pas », avertit un membre du Synacodem. Pour Djeri Coulibaly, 1er vice-président du Synacodem, cette affaire a duré parce qu’il n’y a pas de cohésion entre les commerçants. L’honorable Oumar Mariko, qui a pris part à l’assemblée, a réitéré que seule la cohésion peut sauver les commerçants détaillants.

Le représentant de Siaka Diakité, secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), a invité les commerçants détaillants à « agir » pour se faire entendre. Il a promis que le Synacodem a le soutien de la centrale syndicale. Une augmentation des frais de location des immeubles Jigisimé, U-Négoce et Peyrissac, tous situés dans le Centre commercial et appartenant au richissime Babou Yara est à l’origine du conflit.

Depuis plus de 3 ans, plusieurs audiences ont eu lieu sur le différend qui oppose l’homme d’affaires aux détaillants. En effet, suite à l’incendie du Marché rose en 1994, de nombreux commerçants se sont retrouvés sans magasins. C’est ainsi que Babou Yara a aménagé des boutiques dans les immeubles et cours Peyrissac, U-Négoce et Jigisémé pour les proposer en location aux sinistrés.

Mais, il fallait débourser une caution comprise entre 500 000 et 3 millions de F CFA, selon la positon géographique du local pour prétendre à ces nouvelles infrastructures. Quelques années plus tard, l’opérateur économique va transformer l’immeuble U-Négoce en plusieurs boutiques qui seront mises en location après le versement d’une caution de 5 millions de F CFA. Dès 2005, beaucoup de commerçants ont été incapables d’honorer leurs obligations contractuelles.

Depuis, les impayés se sont accumulés. L’association des détaillants face à cette situation a sollicité du propriétaire une diminution des frais de location. Au contraire, Dionké Yarnankoré a procédé à une augmentation qui, pour la plupart, sont passés du simple au double. Malgré l’intercession de plusieurs bonnes volontés, Babou Yara est resté inflexible. La location des boutiques à Peyrissac A et B varie entre 125 000 et 300 000 F CFA.

A U-Négoce, le loyer est compris entre 25 000 et 150 000 F CFA tandis que les négociants de Jigisémé paient entre 200 000 et 600 000 F CFA par mois. Selon Me Fadiala Dembélé, un des avocats des commerçants détaillants, l’affaire concerne 800 commerçants détaillants. Pour l’heure, l’exclusion concerne 120 personnes. Le dossier de 24 d’entre eux a été vidé le 8 juillet. Le Tribunal de commerce a ordonné l’expulsion de ces 24 commerçants détaillants. Les commerçants détaillants menacent de marcher et de tenir un sit-in devant des services publiques et de fermer les boutiques si jamais on exclut leurs camarades.

Sidiki Doumbia

22 Juillet 2011.