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Suite à nos précédentes publications relatives à la falsification de 31 arrêtés de Abou Bakar Traoré ancien ministre de l’économie et des finances qui a permis aux importateurs de carburants de bénéficier des avantages illégaux, le 27 avril 2102, l’omnipuissant Babou Yara a fait intervenir par téléphone le commandant Traoré travaillant au Pôle économique et financier. Traoré doit-il s’immiscer dans cette sale affaire ?

Ce commandant Traoré qui serait le frère direct de Mangal, ancien secrétaire particulier du président déchu Amadou Toumani Touré, est tombé trop bas en se laissant emballer par Babou Yara. En effet, le vendredi 27 avril 2012, assis dans son bureau en présence d’un de nos collègues, Babou a mis son téléphone en mode haut parleur en demandant au commandant Traoré de faire ce qui ne lui convient pas. S’adressant à Babou, Traoré a lâché ceci : «J’ai dis quand ton fils est venu, ce matin, me montrer le journal que vous n’êtes pas concerné par les arrêtés. Parce que votre société bénéficie de l’exonération».

Ces propos du commandant Traoré qui mettent en doute la crédibilité et le sérieux du Bureau de vérificateur généra l(BVG) suscitent une série de questions. Traoré veut-il dire que les agents du (BVG) se sont-ils trompés? Ces derniers ne savent-ils pas faire le travail pour lequel ils émargent? Veut-il dire que sur les 27 sociétés importatrices de carburants au Mali, les agents du BVG ont-ils un sentiment particulier à l’égard de Babou, de Ben And Co, de Shell et de Total qui, à l’entendre, ne sont pas concernés par les 31 arrêtés falsifiés?

Mise au point nécessaire

Premièrement, être le frère de Mangal ne donne pas le droit à Traoré de réfuter ou de mettre en cause le contenu du rapport du Bureau de vérificateur général. Le cas échéant, c’est à l’intègre Sombé Théra sous l’autorité duquel il travaille de le faire. Deuxièmement, son double statut du «respectueux» commandant et d’agent du Pôle économique et financier dont nous respectons beaucoup lui recommande la prudence et une certaine vue de l’esprit.

Enfin, à signaler que c’est la croix et la bannière même pour un journaliste qui se déplace pour avoir des informations au niveau du Pôle économique et financier. Rarement, il obtiendra ce qu’il désire savoir. Les milliers de dossiers qui atterrissent dans cette structure de répression et de dissuasion des délinquants financiers sont généralement frappés du sceau de la confidentialité. Alors, au nom de quoi un agent du Pôle économique et financier et de surcroît un commandant se fait-il parler par un opérateur économique fut il un richissime?

À suivre…

Ciwara Info du 11 Mai 2012