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Depuis quelque temps, l’actualité malienne est dominée par l’arrestation et l’inculpation du Général Sanogo. Il faut rappeler que Me Harouna Toureh avait décidé d’assurer la défense de l’ex-homme fort de Kati. Dans la même affaire, la défense des victimes est assurée par le président de l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH), Me Moctar Mariko. Chose que l’opinion publique malienne n’avait pas comprise, car ces avocats sont tous deux membres du même cabinet, Toureh et associés. Joint par nos soins sur la question, Me Mariko est formel: « il n’y a aucune interférence dans le dossier judiciaire de la disparition des bérets rouges lors des affrontements du 30 avril au 1er mai 2012″.

Pour Me Mariko, les dossiers des victimes sont en lieu sûr. Pour le prouver, il indique que ces précieux sésames sont conservés au cabinet du président d’honneur de l’AMDH, Me Bréima Koné.

« Je suis membre du cabinet Toureh et associés. Il n’y a aucun problème à ce que j’assure la défense des victimes et que Me Harouna Toureh défende, le Général Amadou Haya Sanogo dans la même affaire » a-t-il précisé.Il a déclaré que si Me Toureh a pris les dossiers de l’affaire Sanogo, il l’a fait à son propre nom et pas celui du cabinet. Pour lui, cette polémique n’a pas sa raison d’être.

« S’il y avait un conflit d’intérêts dans ce dossier, l’ordre des avocats du Mali et le juge d’instruction Yaya Karembé allaient nous interpeller », a ajouté le président de l’AMDH.

A ses dires, au début de l’affaire, le Général Sanogo a été inculpé pour enlèvement et après la découverte des charniers, l’AMDH a déposé auprès de la chambre d’accusation une demande de requalification des charges. Et, à lui d’ajouter que le juge d’instruction est actuellement en train d’étudier cette demande.

« Pour permettre l’identification des corps découverts dans les charniers, nous avons procédé à des prises de sang des parents des militaires disparus » a-t-il indiqué.

A en croire Me Mariko, l’AMDH est ouverte à toutes les personnes ayant subi des abus. Elle œuvre pour la promotion des droits de l’homme au Mali. « Nous sommes prêts à recevoir des plaintes des proches des bérets verts disparus contre l’ex-commandant du 33e régiment des commandos parachutistes, Abidine Guindo », a souligné l’avocat des victimes. Selon lui, pour le moment, il y a un pôle composé de quatre avocats pour assurer la défense des victimes, dont deux Français et deux Maliens.

Parlant des juges incarcérés, il dira que « mon association ne s’est pas encore saisie du dossier, mais s’ils ont commis des fautes, la loi doit être appliquée dans toute sa rigueur, car nul n’est au-dessus de la loi ».

Boubacar PAITAO

L’Indépendant du 27 Décembre 2013