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Dans un communiqué diffusé sur le net, le porte-parole de la soit disant «Alliance Touareg Nord du Mali pour le changement» (ATNMC), Hamma Ag Sidahmed, réclame avec insistance un cessez-le-feu en ces termes : «Nous répondons aux sollicitations de certains pays, en particulier la Libye, l’Algérie, la Mauritanie, la France, de certains partis politiques maliens… qui appellent à l’arrêt des hostilités et à reprendre le dialogue pour aller vers la réconciliation et le développement, et acceptons un cessez-le-feu.

Ce cessez-le-feu, qui signifie un arrêt des hostilités de part et d’autre, permettrait certainement de renouer le dialogue entre les deux parties, sous l’égide des médiateurs. Nous attendons de la Lybie, de l’Algérie, de la Mauritanie et de la classe politique malienne qu’elles s’investissent pour amener les parties à reprendre un dialogue sincère et qu’elles participent à enrichir le contenu de futures négociations vers la paix…»

Cet appel au cessez-le feu traduit en réalité tout le désarroi, voire le désespoir, qui s’est emparé de Bahanga et de sa bande de criminels suite aux nombreuses pertes en vies humaines, au grand nombre de blessés et de prisonniers faits dans leurs rangs par une armée de plus en plus décidée à en finir avec le banditisme sous toutes ses formes et à restaurer la paix, la sécurité et la stabilité dans tout le Nord-Mali.

La traque se poursuit donc et, aux dernières nouvelles, Bahanga se serait réfugié en Algérie comme il le fait chaque fois qu’il est passe de perdre la partie.

Dans le même communiqué rendu public sur le Net, le porte-parole et chargé des relations extérieures de l’Alliance Touareg Nord-Mali pour le changement, Hama Ag Sidahmed, dit ceci : «Aujourd’hui, tous les ingrédients sont réunis pour une guerre civile intercommunautaire dans le Nord du Mali.

L’armée régulière malienne a, en effet, cédé la place à des milliers de civils arabo-touaregs constitués en milices (civils armés salariés par l’Etat) pour lutter contre le mouvement touareg.

Nous dénonçons ces pratiques qui n’auront d’autre effet que d’embraser l’ensemble de la région et rejetons avec force cette aventure qui aurait pour conséquence d’amener les populations qui ne sont pas concernées par le conflit à se massacrer entre elles. En laissant les milices en action, le Mali risque de s’enfoncer dans une situation à la soudanaise…».

Voilà un porte-parole qui colporte des contre-vérités voire des mensonges pour à la fois discréditer le Mali et tenter de desserrer l’étau autour de ses parents assassins et criminels qui ont toujours œuvré pour la déstabilisation de la République.

Qui ne sait pas que les forces armées du Mali sont composées de populations noires et blanches du pays ? Il y a donc forcément dans leurs rangs des Touaregs et des Arabes. Lesquels sont assez visibles depuis leur intégration dans les corps en uniforme à la faveur de la résolution de la rébellion des années 1990.


Qui ne sait pas également
que depuis le 23 mai 2006, date du déclenchement du banditisme actuel dans la région de Kidal, les opérations militaires sont conduites par le colonel Elhadj Gamou, un Touareg bon teint, qui connaît bien le terrain ?


Qui ne sait pas encore
que le colonel Mohamed Ould Meydou, un Arabe de Tombouctou est auprès de Gamou pour le soutenir dans la lutte contre les bandits armés? Nombreux sont aussi les colonels Diarra, Sangaré, Traoré et autres Dogons qui sont sur le terrain pour la traque de la bande à Bahanga.

Maintenant que Bahanga est acculé, son malheureux porte-parole pense qu’en jouant sur les cordes communautaires voire ethniques, il pourrait se sortir d’affaire à bon compte. Tout en oubliant que le Mali est une vieille nation qu’on ne saurait distraire avec des concepts galvaudés. Depuis des siècles de vie commune, les populations du Mali, comme l’atteste la pièce de théâtre de la région de Kidal, présentée à la biennale 2008 de Kayes, du Nord au Sud et d’Est en Ouest constituent un seul peuple qui partage le même destin.

Que Hama Ag Sidahmed se rassure, il n’y a aucune milice arabo-touareg au sein des forces armées et de sécurité du Mali. Ce sont ses frères touaregs et arabes, membres à part entière de notre vaillante armée, qui sont sur le champ de bataille parce que refusant la logique terroriste dans laquelle Bahanga continue de s’enfermer.

Et le porte-parole de l’ATNMC de poursuivre que : «Nous répondons aux sollicitations de certains pays, en particulier la Libye, l’Algérie, la Mauritanie, la France, de certains partis politiques maliens…qui appellent à l’arrêt des hostilités et à reprendre le dialogue pour aller vers la réconciliation et le développement, et acceptons un cessez-le-feu. Ce cessez-le-feu qui signifie un arrêt des hostilités de part et d’autre permettrait certainement de renouer le dialogue entre les deux parties, sous l’égide des médiateurs. Nous attendons de la Lybie, de l’Algérie, de la Mauritanie et de la classe politique malienne qu’elles s’investissent pour amener les parties à reprendre un dialogue sincère et qu’elles participent à enrichir le contenu de futures négociations vers la paix…».

Maintenant que Bahanga est affaibli, exilé en Algérie avec sur ses bras de nombreux combattants blessés, son porte-parole réclame un cessez-le-feu afin de mieux se réarmer et récidiver un de ces quatre matins. Voilà un piège que le gouvernement doit éviter en écartant des pourparlers avec Bahanga, considéré comme l’ennemi public n°1.

Ses nombreux forfaits font de lui un homme infréquentable, un homme à rechercher et à capturer mort ou vif. Bahanga est peu digne de confiance et l’armée doit poursuivre sa traque comme elle le fait présentement. Les pays dits facilitateurs ne devraient pas du tout s’investir pour le cas Bahanga.

En revanche, les autres membres de l’Alliance du 23 mai pour le changement et la démocratie, conduits par le lieutenant colonel Hassane Fagaga, qui acceptent l’Accord d’Alger comme seul cadre des négociations, devraient rapidement abandonner la surenchère et retrouver leurs frères d’armes, disposés à les accueillir malgré les dérives du passé. A suivre.


Chahana TAKIOU

04 Février 2009