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Il serait difficile de trouver un mot plus approprié. C’est en réalité un assaut que subit le pauvre personnel des Aéroports du Mali après la légère trêve observée, suite au départ controversé de l’ex-Pdg. En effet, depuis l’arrivée du Colonel Koumaré comme ministre de tutelle, ladite structure est passée du stade de simple impunité à la flagrante et agressive impunité, avec immunité.

Aussitôt installé, et en si de peu de temps, le Colonel de l’ex-junte aura déjà connu trois Dga. Après le Colonel Abdoulaye Coulibaly qui ne jouait pas le jeu, le Colonel Blankoro Samaké est aussi limogé dans le petit temps qu’aura duré la Transition. Et pourtant, le ministre ne peut même pas nommer un Dga. Les textes des Adm (Aéroports du Mali) sont effectivement clairs. Le Dga est nommé sur proposition du Pdg et le Conseil d’administration a son mot à dire sur celui du Pdg ; tout ceci en Conseil des ministres. Trop peu pour notre ministre militaire.

Ayant trouvé le complice qu’il faut, en la personne du Lieutenant-colonel d’Aviation Daouda Dembélé, il se permet dans un premier temps de le nommer un Dga (fac-similé 1) ; mais en plus, de lui donner le titre d’intérimaire du Pdg (fac-similé 2) ! Stupéfaits, le Conseil d’administration et le Conseil des ministres ne réagissent nullement ; c’est une période d’influence de la junte.

Les deux complices se sentent alors en confiance. Ils commencent par essayer de reprendre la vente de l’aéroport (fac-similé 3), moyennant forte commission. Le personnel grogne, et les syndicats organisent des conférences de presse, les obligeant au stand-by. Ce gros lot n’étant pas pour l’instant possible, le nouveau Dga nettoie le terrain : les 3 directeurs réticents à l’hémorragie financière sont limogés dans les 10 jours de son arrivée. Cette fois, la voie est complètement libre. Nos deux amis peuvent s’offrir des primes exceptionnelles au titre des excédents de l’année 2011, alors qu’ils n’étaient pas encore là. Désherber l’aéroport pour des dizaines de millions en gré en gré. Pas une semaine ne passe sans que les employés ne se réunissent pour se plaindre d’un acte qui les a scandalisés.

Au moment de notre passage, les deux marchés en cours étaient effectivement dignes d’un film comique : un marché nommé Construction d’un Centre de Santé par lettre N°0020/MEAT-ADM du 02/08/2013 est attribué en consultation restreinte à TPPATCO, une société qui n’est même pas sur la liste restreinte de l’aéroport. Pire, les procédures de l’Aéroport comme partout au Mali limitent la consultation restreinte à 10 millions (Photo 4), et ce marché est de … 70 millions ! Là encore, il ne s’agit que de consultation restreinte. Un marché par exemple du 30/08/2013, sous les vocables de Contrat Travaux N°18/08-13, est attribué pour fourniture de commodités de toilettes à 98 millions ! Mais cette fois, en gré à gré !

Demandez à un membre du personnel de l’Aéroport s’il est scandalisé, il vous dira qu’ils (les travailleurs) sont fatigués de lutter, et que ces phénomènes, au lieu de s’atténuer, deviennent quotidiens. Et que finalement, et de guerre lasse, ils ont compris que ce n’est pas IBK, nouveau président de la République, qui va changer leur quotidien, puisqu’il a reconduit le ministre à son poste, mettant ainsi sûrement en sécurité son complice Dga et Pdg intérimaire nommé en violation de tous les textes en vigueur au Mali en général et aux ADM en particulier. Abracadabrant !

Dioukha SORY

Le Reporter du 18 Septembre 2013