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En effet, dans un geste de solidarité, Bandiougou Diawara avait décidé d’envoyer à son propre compte Bamoussa Koïta, l’imam de Cinzana (Mopti), à la Mecque. Ce dernier devait revenir par le vol de Tunis Air, prévu pour la nuit du dimanche à 00 heure précise. Le vol n’est finalement arrivé qu’aux environs de 3 heures du matin. Et comme le malheur n’arrive jamais seul, l’Imam a, par-dessus le marché, perdu sa valise. Il a aussitôt fait appel à Bandiougou. Celui-ci, muni de son badge, s’est donc transporté à l’aéroport de Sénou mais pour se voir refuser l’accès aux halls d’attente par la police de l’air.

« L’ordre nous a été donné par le directeur adjoint de l’aéroport de ne laisser passer personne même les détenteurs de badges » lui répondit le policier. Celui-ci d’ajouter que «cette interdiction est formelle ». Il était encore là quand le Commissaire est venu le chasser comme un malpropre. Cette humiliation pour un promoteur d’agence de voyage qui veut porter secours à un vieillard, Bandiougou Diawara s’en est vraiment offusqué. Il se demande, quel est alors le sens d’un badge et quelle valeur les autorités aéroportuaires donnent-ils aux documents administratifs. Réagissant aux déclarations de Bandiougou Diawara, le Directeur adjoint de l’aéroport de Sénou, le colonel Abdoulaye Coulibaly, que nous avons eu au téléphone, a déclaré que « la mesure d’interdire l’accès aux halls aux personnes qui ne sont pas de service répond aux besoins de fluidité. Nous avons déjà enregistré de nombreuses plaintes des voyageurs par rapport à l’encombrement des halls « . Et le colonel Abdoulaye Coulibaly d’ajouter que « ce qui se passe à l’aéroport de Sénou ne passe nulle part ailleurs au monde, où les halls sont bondés à chaque arrivée des aéronefs. Il faut qu’il y ait un minimum de fluidité à l’arrivée des avions « .

Par rapport à l’interdiction d’accès aux détenteurs de badges, le colonel Coulibaly répond qu’il a été instruit aux promoteurs d’agences de remplir des fiches au niveau de la police au profit des agents qui sont de service. Une commission d’attribution de badges, selon lui, devait d’ailleurs se tenir, le mardi 30 décembre, pour l’attribution des badges. Enfin, le colonel Coulibaly a déclaré qu’ « en cas de perte de bagages, les personnes concernées n’ont qu’à s’adresser à l’ASAM qui est le service compétent qui s’occupe des pertes de bagages au niveau de l’aéroport ».

Pierre Fo’o MEDJO

31 décembre 2008